Appel à la Défense. Plongée dans l'histoire de l'abri Sadi-Carnot

Il y en a 154. Les marches plongent sous la terre, toujours plus profond pour échapper aux bombes. Les pieds des jeunes, qui participent à la Journée d'appel de préparation à la Défense (JAPD), se posent enfin à l'entrée du tunnel de plus de 500 m de long, assez haut et large pour accueillir un poids-lourd. Nous sommes dans l'abri Sadi-Carnot, creusé en 1942 pour se protéger des bombardements alliés, dans la ville occupée. Dans ce sous-terrain froid et humide, 373 Brestois et un nombre inconnu d'Allemands périrent dans l'explosion d'un stock de munitions, dans la nuit du 8 au 9 septembre 1944, en plein siège de la ville.

Silence
La visite est assurée par Roger Abiven, membre de l'Université européenne pour la paix (UEP). La cinquantaine d'appelés le suivent silencieusement, puis s'assoient quelques minutes pour visionner des images d'époque. Rasée à 90%, Brest est une ville en cendres, aux immeubles étrangement sculptés par les bombes. La marche reprend. Pierre suit le groupe, quelques mètres à l'arrière. Il a descendu l'intégralité des marches avec des béquilles. «Ça m'intéresse, explique-t-il. C'est pour cela que je voulais vraiment venir, même si ce n'est pas simple».

«Les guerres naissent dans les esprits»
Le tunnel débouche sur la porte Tourville, à l'entrée de l'arsenal. Les visiteurs retrouvent la lumière du jour, et se massent autour de François Kervenou pour écouter son témoignage. Ancien agent de la Défense passive, 63 de ses collègues ont perdu la vie en aidant la population à descendre dans les abris et en secourant les blessés. Avant que les jeunes ne rejoignent l'arsenal, où ils finiront leur JAPD, Roger Abiven tient à leur faire part de son expérience. «C'est dans les esprits que naissent les guerres. C'est dans les esprits qu'il faut élever les défenses de la paix».

Le Télégramme - Brest - 24/03/2009

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