Alimentation électrique. Une solution pour l'hiver 2012 ?

Contesté par des élus bretons et annulé par le ministre Borloo, le projet de centrale à gaz de Ploufragan pourra-t-il être remplacé par une solution alternative? Didier Beny, directeur régional de RTE (*), se dit assez confiant.

Pourquoi faut-il construire une unité de production en Bretagne ?
Parce que la consommation régionale d'électricité augmente plus fortement qu'ailleurs, et que le réseau n'est plus en mesure de garantir l'alimentation en période de pointe. Le 7 janvier dernier, avec plus de 17.000 mégawatts appelés, nous étions à la merci du moindre aléa. Et nous savons qu'à 18.000MW, ça ne passe plus. Si nous les atteignons l'hiver prochain, il y aura des coupures de courant.

Pourquoi le secteur de Saint-Brieuc est-il retenu pour l'implantation d'une centrale de pointe ?
La Bretagne-Nord est particulièrement fragile, de Morlaix à Saint-Malo, alors que la Bretagne-Sud est desservie par une autoroute de l'électricité, la ligne à Très haute tension La Cordemais-La Martyre. Chaque année, nous investissons pour améliorer les performances des réseaux mais nous sommes aujourd'hui arrivés au maximum que nous pouvions atteindre avec les lignes du nord. Désormais, seule une source de production au coeur de la zone fragile peut sécuriser l'alimentation lors des pics de consommation.

Qu'est-ce qui vous rend optimiste ?
D'abord, tous les élus sont d'accord sur le diagnostic : il faut une centrale de pointe, de préférence à gaz puisque les rejets sont trois fois inférieurs à ceux des turbines à fioul. Ensuite, le conseil régional s'est saisi de la question et adressera, en juin, des propositions au gouvernement, après concertation des élus et auditions des opérateurs. Si ce projet alternatif est assez proche du projet annulé de Ploufragan, la centrale pourrait être opérationnelle avant l'hiver 2012. De toute manière, on va vivre dangereusement au moins trois hivers.

D'ici là, les énergies renouvelables peuvent-elles se révéler utiles ?
Le parc éolien se développe bien, avec une production qui pourrait dépasser, dans deuxans, celle de l'usine marémotrice de la Rance. Mais il ne peut pas faire face aux pointes. Le 7 janvier, record historique de consommation en Bretagne, il ne produisait que 4% de sa puissance installée. Les éoliennes offshore et les hydroliennes sont prometteuses mais elles ne seront pas en fonctionnement avant dix ans.

* Réseau de transport d'électricité, société filiale d'EDF chargée des lignes à haute et très haute tension.


Propos recueillis par Alain Le Bloas
Le Télégramme - Finistère - 24/04/2009

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