Plougastel. Zones blanches et colère noire

Comme une partie de Plouzané et de Guipavas, des secteurs entiers de Plougastel n'ont toujours pas droit à l'ADSL. Et l'implication récente du conseil général dans la question risque bien de retarder encore la résolution du problème...

«Permettre l'accès au haut-débit à tous nos habitants est notre priorité», affirme le maire de Plougastel, Dominique Cap. Pour le moment, les secteurs ruraux les plus éloignés du bourg (le Tinduff, la pointe de l'Armorique, L'Auberlac'h...), très vallonnées, ne sont toujours pas pleinement raccordés à l'ADSL et leur population finit par se lasser. Selon le premier adjoint, Roger Boisramé, «des associations de quartier évoquent même de possibles manifestations».
L'ADSL est diffusé sur Plougastel à partir de son central téléphonique, au bourg. Treize sous-répartiteurs permettent de le conduire jusqu'assez loin dans les terres de la commune aux 162 villages. Or, quatre de ces 13 sous-répartiteurs ne donnent pas des résultats satisfaisants. D'où cette «zone blanche» (ou NRA-ZO, dans le jargon, pour «noeud de raccordement d'abonnés en zone d'ombre»). «Nous avons bien pensé à une solution comme la Wi-Fi (réseau informatique sans fil), explique Dominique Cap, mais elle supposait la pose de onze antennes relais et d'un gros émetteur... Nous n'en voulions pas: principe de précaution».

 

De gauche à droite: Jérôme Wolff, responsable du service informatique à Plougastel, Patricia Hénaff, adjointe aux nouvelles technologies, Roger Boisramé, premier adjoint, et Thierry Laurent, directeur général des services.

Un invité non désiré
Le domaine des hautes technologies relève de la communauté urbaine. «Tout était bloqué depuis plusieurs années mais finalement une somme de 100.000 avait fini par être programmée pour permettre aux secteurs de BMO en "zones blanches" (non reliées à l'ADSL) de disposer enfin de façon simple au haut-débit. Nous ne sommes pas seuls concernés, Guipavas et Plouzané le sont aussi, mais 70% du territoire non couvert est situé à Plougastel».
Le bout du tunnel semblait proche mais patatras ! «Le conseil général, indique Patricia Hénaff, adjointe chargée des nouvelles technologies, vient d'annoncer qu'il allait s'occuper des "zones blanches". Du coup, BMO ne veut plus bouger et nous revoilà repartis pour des études à n'en plus finir...».
En attendant que les choses se remettent à avancer, les particuliers qui attendent l'ADSL se renseignent sur des offres alternatives, comme celle, satellitaire, de France Télécom pour 30 par mois (hors pose, très compliquée, de l'antenne), ou les clés 3G qu'on branche directement sur l'unité centrale de son ordinateur, à la manière d'une clé USB (système qui présente deux inconvénients : il est très dépendant des conditions météo et la couverture 3G sur la commune n'est pas excellente).

Un espoir ?
«Au bout du compte, déclare Patricia Hénaff, le meilleur principe reste de "rebooster" les noeuds de raccordement défectueux. L'idéal serait que le Département délègue la maîtrise d'oeuvre de ce dossier à BMO sur le territoire communautaire. On entend dire que c'est ce qui pourrait être décidé et ce serait là la meilleure solution».


Au fait, l'ADSL c'est quoi exactement?

ADSL est un terme anglophone qui signifie «Asymmetric Digital Subscriber Line». La plupart des connexions à l'Internet se font aujourd'hui par ce système dit du «haut-débit» qui, là où il est disponible, a supplanté la simple connexion par modem téléphonique à bas débit, qui était encore la plus communément répandue jusqu'au début des années 2000. Le rapide développement des technologies de l'information a fait apparaître de nouveaux services gourmands en capacité de transmission. L'accès rapide à Internet, la visioconférence, l'interconnexion des réseaux, le télétravail,etc., font partie de ces nouveaux services multimédia que l'usager désire obtenir à domicile ou au bureau et que permet l'ADSL. Il suffit d'ajouter un équipement au central téléphonique, ainsi qu'une petite installation chez l'utilisateur pour pouvoir accéder à l'ADSL.


Patrice Le Berre
Le Télégramme - Brest - 25/05/2009

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