Voie de contournement. Un choix «par défaut»

Deux versions antagonistes et une population divisée : le projet de contournement de Lambézellec est très loin de remporter l'adhésion des habitants.

Le projet était dans les cartons depuis plus de quinze ans. C'est aujourd'hui celui de la nouvelle mandature, qui programme, pour 2013, la fin des travaux de contournement de Lambézellec. Réclamés par les habitants, submergés par le flux automobile, notamment aux heures de pointe, ils visent à assurer les échanges entre l'est et l'ouest de l'agglomération, et avec les communes situées au nord de Brest. Sauf que le projet proposé en concertation publique, fin 2008, comporte une portion au coeur des zones en cours d'urbanisation, à Messioual, Marréguès et Le Restic, et que ni l'une ni l'autre des versions proposées n'emporte l'adhésion des riverains, principaux concernés. «Il s'agit, soit de saccager une vallée, dont le caractère est indéniable, soit de faire passer près de 30.000 véhicules/jour en bordure et entre des zones fortement urbanisées (3.500 habitants sont prévus pour s'y installer)».

Une solution 3
Ainsi l'ARBL (association des résidents de Brest-Lambézellec) exige que les élus (conseil général, BMO et ville de Brest) revoient leur copie et proposent «une solution 3, véritable voie de contournement au nord de Brest, qui permettrait à des milliers de véhicules de ne pas traverser le quartier de Lambézellec et permettant une meilleure accessibilité au CHU, Technopôle Iroise... Une vraie alternative au boulevard de l'Europe». Qualifié par un technicien en charge du dossier de «choix par défaut», le projet de contournement semble en effet lié à l'abandon d'une précédente solution plus ambitieuse, passant nettement plus au nord, du côté de la RD67. «Aujourd'hui, on veut éviter de perdre des populations au bénéfice des communes éloignées de BMO».

Population divisée
D'ores et déjà, le projet de route entre Roc'h-Glaz et Kérisac, qu'il s'agisse de la version 1 (rue du Tromeur) ou de la version 2 (par la vallée du Restic), a réussi l'exploit de diviser les populations, qui se déchirent aujourd'hui pour ou contre l'une ou l'autre des solutions. Pour les uns, la vallée du Restic n'est qu'un dépotoir qui sera mis en valeur par un aménagement routier, et qui sera de toute façon préférable aux murs antibruit, et «aménagements a minima prévus pour les piétons, les cyclistes, et usagers des transports en commun». Pour les autres, la rue du Tromeur est la solution à adopter «pour la préservation de ce site naturel sensible qu'est la vallée du Restic, poumon vert de Lambézellec». Enfin, restent ceux qui proposent une autre version, d'une route empruntant l'ancien chemin de la ligne de chemin de fer, du côté du Rufa. Mais là encore, nature et environnement ne font pas bon ménage avec aménagement urbain et trafic routier intense. Quand aux élus, ils donneront leur réponse le 25 avril prochain. À la suite, une enquête publique sera diligentée, au cours de laquelle chacun sera appelé à s'exprimer. «Si la solution envisagée n'est pas la bonne, nous n'hésiterons pas à nous manifester», déclarent les habitants du quartier, «quitte à organiser des opérations coup-de-poing, et le blocage des accès à Lambézellec». Affaire à suivre.

Le Télégramme - Brest - 27/02/2009

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