Port du Château. Paré à nous faire vibrer

Le port du Château vient d'écrire ses premières pages. La foule samedi après-midi pour l'inauguration. Le souffle de l'aventure, hier midi, à l'occasion du départ des goélettes Belle-Poule et Étoile pour leur traversée de l'Atlantique.

À part le pique-nique d'hier midi qui a fait flop sous les grains, le port du Château a commencé à titiller la corde sensible des marins. Samedi, on se serait cru en pleine mer à suivre les évolutions des voiliers, des dériveurs, des catamarans et des planchistes lancés dans un ballet spectaculaire côté rade abris. Côté port, à droite de la digue Jean-François de La Pérouse, le spectacle était tout aussi saisissant au-dessus des bateaux amarrés au quai des grandes occasions. Vue plongeante sur les bois vernis de l'Étoile, de la Belle-Poule et de la Recouvrance. Vue idéale sur les ponts des impressionnants 60 pieds duVendée Globe (Britair, DCNS et BT).

«Vieux couple»
Comme un symbole, le président de Brest Métropole Océane et maire de Brest, François Cuillandre, a arpenté, samedi après-midi, en compagnie du chef d'état-major de la Marine, les principaux pontons de ce joyau en centre-ville. Un rêve longtemps caressé par les Brestois. Particulièrement en verve samedi après-midi, le patron de la Marine, Pierre-François Forissier, a comparé le lent mûrissement de ce port du Château avec la longue histoire d'amour qu'entretiennent Brest et la Marine. «Avec les hauts et les bas que connaissent les vieux couples!». Enfin, ce week-end, au vu de la mine réjouie des intéressés, le couple avait l'air complètement rabiboché, à peine marqué par les scènes et les rebondissements vécus ces dix dernières années.


Travaux à suivre
Les installations en mer sont achevées. À terre, les travaux se poursuivront cette année et jusqu'en 2010 pour la capitainerie définitive, qui prendra place dans la rotonde, l'ancien club-house de la Marine. À noter que la station flottante toilettes-douches a été installée la semaine dernière à proximité du bassin d'escale et de course au large. Restent également à construire un bloc sanitaires-douches en dur et une laverie définitive. Une buanderie provisoire devrait être opérationnelle dans la quinzaine à venir. Par ailleurs, deux postes Internet sont désormais accessibles dans les bureaux provisoires qui servent actuellement de capitainerie, en attendant l'installation globale du réseau Wi-Fi sur l'ensemble des pontons.

723 places
Pour le moment, six personnes, dont l'équipe de direction de deux personnes qui se partage entre le Château et le Moulin-Blanc, font tourner ce port de 573 places à l'année, auxquelles il convient d'ajouter les 100 emplacements visiteurs et les 150 anneaux réservés aux plaisanciers militaires.


Nouvelles fraîches de (la digue) La Pérouse

Le gratin régional de la mer et du nautisme était à l'inauguration de samedi. Tout le monde était là, sauf l'Amiral!

Tchèque.
Le premier bateau visiteur à venir s'amarrer, au tout début du mois de mars, battait curieusement pavillon tchèque. On a même trouvé le pavillon pour le faire flotter au-dessus de la capitainerie.

Antinucléaires.
Alors que les officiels en finissaient d'arpenter le ponton en contrebas de la grande digue, un groupe d'antinucléaires exprimait son point de vue quai Malbert, côté port du château, à l'occasion du «Chernobyl day». Mais quasi impossible d'entendre leur message en raison du bon vent d'Ouest-Sud-Ouest qui soufflait dans l'autre sens.

Jeanne et Recouvrance de conserve. Alors qu'il descendait à peine de la goélette Belle-Poule, le chef d'état-major de la Marine, Pierre-François Forissier, lançait au maire de Brest. «LaRecouvrance et la Jeanne-d'Arc, ensemble à Constanta pour la dernière campagne du porte-hélicoptères, cela aurait de l'effet, non?».

Le Drian grand supporter.
Le président de la Région était bien présent au tout début de l'inauguration mais pas au moment des discours (16h15). «Chouette, une allocution de moins!», se sont réjouis les plus pressés à honorer le cocktail. C'est que Jean-Yves LeDrian avait filé pour rejoindre le stade de France en bon supporter de l'équipe de Vannes.

L'Amiral en Polynésie.
Armel LeCléac'h, Bernard Stamm, Thomas Rouxel, Anne Liardet, Faustine Merret, mais aussi Jean-François Fountaine étaient présents sur l'estrade au moment des discours. Philippe Monnet était également là mais parmi le public. Olivier de Kersauson, quant à lui, était «malencontreusement» retenu... en Polynésie.

La Belle-Poule derrière.
Ca commençait déjà à chambrer sec, hier midi, sur le ponton. «Regarde la Belle-Poule, elle est derrière, elle a pris sa place naturelle derrière nous», plaisantait un marin de l'Etoile.

Chef de chantier à bord.
Clin d'oeil aux hommes qui sont dorénavant chargés de l'entretien des goélettes. Yann et Louis Mauffret, du chantier du Guip, étaient invités, hier, à vivre les premiers milles àbord de la Belle-Poule. «Oh là, jusqu'à Camaret, pas question d'abandonner trop longtemps le quai Malbert!».

Stéphane Jézéquel
Le
Télégramme - Landerneau - 27/04/2009

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