Gestion publique de l'eau. Le débat est ouvert

Une quarantaine de personnes ont participé à la soirée, organisée par S-eau-S, jeudi soir, pour débattre de la privatisation de l'eau.
L'association veut faire valoir ses arguments pour un retour à la gestion publique de l'eau dans le territoire du Sivu de Landerneau.

L'exemple du Maroc
Le film «l'or bleu», de Damien de Pierpont, a ouvert le débat. De quoi parle-t-il? De l'impact du tourisme européen sur la gestion de l'eau au Maroc. La surexploitation des nappes phréatiques par les complexes touristiques prive d'eau les petits agriculteurs qui rejoignent les villes dans des conditions de précarité extrême.
L'obligation, qui est faite aux autorités locales par le FMI et la Banque Mondiale, de privatiser leur eau pour bénéficier d'aides financières, ouvre le marché aux multinationales de l'eau dont les principales sont implantées en France. «On assiste ainsi à une forme de néocolonialisme», commente Gérard Borvon, le président de S-Eau-S.
 

Les participants à la réunion ont suivi, avec beaucoup d'intérêt, la projection du film «L'or bleu».

Des chiffres parlants
Sur les quatre communes du Sivu de Landerneau (*), c'est d'un retour à la gestion publique de l'eau en 2012 dont il est question. La discussion est ouverte en lien avec BMO.
La réussite de la reprise en régie directe de l'assainissement à Landerneau (baisse de la facture de 43% en dix ans, personnel renforcé, service amélioré, capacité d'investissement augmentée) incite S-Eau-S à plaider en ce sens. «Un service municipal de l'eau et de l'assainissement existe déjà à Landerneau, la situation favorable pour la reprise en régie publique de la totalité de la gestion de l'eau et de l'assainissement», pense Gérard Borvon.

La gestion privée plus chère
Une des premières étapes avant le choix devrait être la commande par le Sivu d'une expertise sur la réalisation du contrat par. L'association S-eau-S a commencé, de son côté, une analyse qu'elle partagera avec les habitants du pays de Landerneau à l'occasion de réunions publiques.
«Les statistiques des services ministériels constatent que la gestion publique est de 20% à 30% moins chère que la gestion privée. Un récent rapport du conseil général confirme ces chiffres dans le Finistère», rappelle le président de S-Eau-S.
(*) Landerneau, La Roche-Maurice, Plouédern et Trémaouézan.

Le Télégramme - Landerneau - 27/04/2009

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