Sein. Les estivants priés d’économiser l’eau et l’énergie

L’île de Sein, qui a réduit sa facture énergétique de 15 % en deux ans, demande aux estivants d’économiser à leur tour l’eau et l’électricité pour préserver l’environnement d’un « joyau » qui se veut être un « laboratoire de la maîtrise de l’énergie ».

« On fait tout pour que Sein reste un joyau, un petit paradis, mais tout le monde doit changer ses comportements pour réduire les rejets de CO2 », explique Jean-Pierre Kerloc’h, le premier magistrat de cette bande de terre de 250 habitants, qui multiplie sa population par six en été.
Baptisée « Seinvestir au quotidien pour mon île », la campagne de sensibilisation des vacanciers est le prolongement d’une opération-pilote conduite depuis deux ans par le conseil régional, EDF et l’Agence pour la maîtrise de l’énergie (Ademe). « Ça marche, EDF m’a remboursé 100 € sur ma facture de l’an dernier », témoigne fièrement un habitant, Joseph Fouquet.
Les trois partenaires ont partiellement subventionné l’achat par les particuliers de 750 lampes basse consommation et de 326 économiseurs d’eau, ainsi que le remplacement d’une centaine de vieux réfrigérateurs par des appareils moins gourmands en énergie.
 

Située à 8 km de la pointe du Finistère l'île de Sein n'est pas raccordée au réseau électrique du continent et n'a pas de source.
Photo Christian Rose

Une des eaux les plus chères de France
Sein, située à 8 km de la pointe du Finistère, n’est pas raccordée au réseau électrique du continent et n’a pas de source. L’île importe chaque année 400.000 litres de fuel pour produire son électricité, désaliniser l’eau de mer, et distribuer une des eaux les plus chères de France, facturée 6,42 € le mètre cube.
« Il faut redevenir des îliens pour moins gaspiller, lorsque je reçois des gens, je leur interdis de faire la vaisselle, car je suis effaré par les gaspillages d’eau, et je leur dis qu’après un bain de mer, ce n’est pas la peine de se rincer sous la douche, le sel ça conserve », raconte une habitante, parisienne de naissance.
Autrefois, les Sénans étaient tributaires de l’eau de pluie recueillie dans des citernes individuelles et collectives, toujours utiles en cas de panne. En 1990, lors d’une sécheresse estivale, Sein avait été ravitaillée par la Marine nationale.

Objectif : réduire la facture de 40 %
« C’est vrai qu’en restant quelques jours, on ne pense pas à changer nos habitudes, mais dans notre location, le propriétaire a mis un petit mot pour nous rappeler d’économiser l’eau », raconte Pierre, un Bordelais en vacances.
« Quand on a dû, tout petit, aller chercher l’eau au seau dans la citerne collective, on est habitué à ne pas gaspiller », explique Joseph Fouquet qui donne des conseils aux vacanciers. « L’eau qui a lavé les légumes rince mes mains et finit dans le jardin ». Conscients du prix de l’eau, les Sénans n’en consomment que 50 litres par jour, contre 120 en moyenne sur le continent. « Pour l’eau, on est resté économe, alors que pour l’électricité, ça nous semble si facile d’appuyer sur un bouton ! », déclare cependant Joséphine Chicard.
Le maire de Sein, qui espère réduire la facture énergétique de 40 % dans les prochaines années, travaille sur un projet de panneaux photovoltaïques, et rêve d’hydroliennes alimentées par le puissant courant marin qui fait le bonheur des pêcheurs de bar, au large de la pointe du Raz.

Le Télégramme - Finistère - 27/07/2008

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