Plan déchets. Les associations vident leurs sacs

Du bien et des manques. Tel est le bilan des associations environnementales et de consommateurs sur le plan de gestion des déchets ménagers, en cours d'enquête publique.

CLCV, UFC Que choisir, Bretagne vivante, eau et rivière. Toutes ces associations ont participé aux différentes phases d'élaboration de ce plan départemental d'élimination des déchets ménagers. Ce dernier fixe des objectifs en matière de prévention et de gestion jusqu'en 2018. Il prévoit notamment la réduction des quantités (- 25% sur dix ans) et la nocivité des déchets produits et collectés, l'amélioration du taux de valorisation, la création de deux zones, nord et sud, équipées à l'identique. Chapitre le plus délicat, ce plan aboutira à l'installation de deux centres d'enfouissement des déchets ultimes. Dans l'ensemble, les associations se montrent plutôt satisfaites de ces orientations. Mais elles n'applaudissent pas pour autant des deux mains ce dossier de quelque 400 pages.

 

Chaque année, les Finistériens produisent plus de 350.000 tonnes de déchets ménagers, et le chiffre augmente de 5% chaque année.

«Il pouvait être plus ambitieux»
Ainsi Bretagne vivante et Eau et rivière n'ont pas voté le texte, considérant qu'il pouvait «être plus ambitieux». Michel Beucher, pour Bretagne vivante, fustige par exemple l'oubli des déchets des entreprises et la mise aux normes récente des quatre usines d'incinération des ordures ménagères empêchant «tout autre type de valorisation énergétique, particulièrement celle de la matière organique». Le représentant de Bretagne vivante cible d'autres faiblesses: des objectifs de réduction des gisements inférieurs à ceux demandés au niveau national, un refus de la collecte séparative de la matière organique, aucune proposition de nouveaux outils, des vides de four annoncés pour 2018 et un stockage toujours hypothétique qui continuerait de faire sortir les camions du département.

Promouvoir la méthanisation
La CLCV du Finistère, suivie par l'UFC Que Choisir, approuve les orientations d'un plan qu'ils préfèrent appeler «de gestion» plutôt que d'élimination. «Nous aurions souhaité des réunions publiques, regrettent cependant Claude Martel et Gérard Calvar, il aurait été intéressant de sensibiliser la population sur cette croissance qui nous préoccupe. Chaque année, les Finistériens produisent l'équivalent d'un immeuble de onze niveaux, 10m de large et 851m de long». CLCV et UFC formulent quelques préconisations: moins de déchets à la source, une harmonisation des outils de tri, la promotion de la méthanisation ou encore l'encouragement des innovations technologiques. Les associations appellent tous les Finistériens à s'exprimer au travers de l'enquête publique préalable qui se déroule jusqu'au 6mars. Le dossier est consultable dans six villes (Quimper, Brest, Carhaix, Châteaulin, Quimperlé et Morlaix).

Voir la vidéo sur le site Internet du Télégramme

Yves Madec
Le Télégramme
- Finistère - 31/01/2009

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