Ex-Clemenceau. La dernière cartouche des écolos brestois

Le ministère anglais vient de produire l’autorisation officielle d’importer l’ex-Clemenceau à Hartlepool, dans le nord-est du pays. Côté français, la Drire Bretagne vient également de donner son aval. Mais une association écologiste brestoise tente d’empêcher son départ.

Cet été, une association d’écologistes anglais s’était opposée à l’arrivée de l’ancien porte-avions contenant autour de 700 tonnes d’amiante. Craignant pour sa sécurité et les conditions de traitement puis de stockage des produits polluants, le collectif d’habitants a finalement été débouté cet automne par la cour d’appel de Londres. Le feu vert définitif de l’administration britannique a été suivi hier, côté français, par l’autorisation produite par la Drire Bretagne (*).

 

La coque de l’ex-Clemenceau est amarrée dans le port de Brest.

Reste à délivrer un dernier accord d’exportation de matériel militaire au cours d’un futur comité interministériel. La production de ces derniers documents est déterminante pour la suite de cet interminable feuilleton industriel et judiciaire. L’association brestoise AE2D, Agir pour l’environnement et le développement durable, s’apprête, en effet, à introduire un recours auprès du tribunal administratif de Rennes, contestant la décision d’exportation délivrée par la France, commente l’avocat de l’association, M e David Rajjou.

Le chantier mis en cause
La décision d’exportation du navire pourrait ainsi être suspendue. Dans la foulée, un autre recours, cette fois-ci sur le fond, pourrait être introduit par l’association brestoise. AE2D, qui s’inscrit dans le prolongement exact de son homologue britannique, compte également revenir sur les conditions d’attribution du marché, ou comment la France a pu décider de confier un navire comme le Clemenceau à un chantier qui ne disposait pas, à l’époque, de toutes ses autorisations de traitement. Mais il y a aussi le prix (de quatre à dix fois moins important que les autres propositions industrielles) et le moindre délai de traitement qui interpellent l’association qui ne manque pas d’arguments. Même si les écologistes brestois savent qu’ils utilisent là « leur dernière cartouche ». De son côté, imperturbable, la Marine estime que la procédure suit son cours normalement et explique qu’une date d’appareillage devrait être fixée d’ici une douzaine de jours, le temps de recevoir les derniers documents administratifs et de préparer la coque pour son ultime voyage. * Dès hier soir, l’association AE2D demandait à la Drire de rendre immédiatement publique l’information complète concernant la notification du transfert entre les deux pays, selon la réglementation européenne.


Stéphane Jézéquel et Anne Lessard
Le Télégramme - Finistère - 29/11/2008

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