Clemenceau : plainte contre X pour pollution des eaux

Une association du Finistère estime que l'opération de nettoyage de l'ancien porte-avions Clemenceau a eu un impact sur le milieu maritime.

Une association environnementale du Finistère a porté plainte contre X pour "pollution des eaux" devant le tribunal correctionnel de Brest, estimant que les opérations de nettoyage de l'ancien porte-avions Clemenceau achevées récemment ont pu avoir un impact sur le milieu maritime, a-t-on appris mercredi 14 janvier de source judiciaire.

Alors que la coque doit être expédiée dans les prochaines semaines en Angleterre pour y être démantelée, les autorités environnementales britanniques avaient ordonné à la France d'enlever la totalité des algues et coquillages recouvrant le bâtiment désarmé, au prétexte que ces organismes vivants pourraient coloniser les côtes anglaises d'où ils sont aujourd'hui absents.

 

 


Récupérer les déchets de peinture
Les autorités françaises ont ouvert le chantier de nettoyage le 8 janvier avec l'aide d'une quinzaine de plongeurs sous-marins. Pendant trois jours, ils ont brossé et récuré la coque de 265 mètres de long. Or, pour l'association Agir pour l'environnement et le développement durable (AE2D), ce chantier aurait dû être réalisé à sec pour récupérer les déchets de peinture toxique, immanquablement arrachés lors des opérations.
"Il est totalement incroyable que la préfecture maritime, qui veille au respect de l'environnement, viole elle-même les prescriptions de l'Etat!", a déploré Me David Rajjou, défenseur d'AE2D.
"Il ne s'agissait que de grattage et de brossage, pas de carénage (qui requiert une mise à sec)", a répliqué le capitaine de frégate Bertrand Hudault, officier de relations publiques de la préfecture maritime. Toutes les prescriptions en matière d'environnement ont été respectées, a-t-il assuré.

Analyses
La préfecture maritime devrait publier des résultats d'analyse de la qualité de l'eau du bassin de la coque Q790 d'ici à quelques jours.
L'ex-navire amiral de la marine française n'en a pas forcément fini avec la justice. L'association AE2D attend en effet du tribunal administratif de Rennes (Ille-et-Vilaine), saisi début décembre, qu'il nomme un expert pour juger de l'intégrité de la coque avant son départ.
AE2D milite également pour la création en France d'une filière de démantèlement. Selon son vice-président, Christian Bucher, "une quarantaine de navires militaires seront à déconstruire dans les cinq prochaines années".

Nouvel Observateur (avec AP) - 15/01/2009

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