"Environnement : des attaques inadmissibles !"

Article paru dans Brest forum d'Ouest-France, en réaction à l'article "Il n'y a plus que la rue pour crier notre désarroi" d'Albert Simier de Lannilis paru également dans le Brest forum du vendredi 6 janvier 2006.

On peut comprendre que M. Simier, ex-président de «feue» LSE ( Lannilis Services environnement) Environnement), soit quelque peu contrarié ; son projet d'usine de traitement de lisier n'était-il pas resté dans les cartons, et sa société LSE n'a-t-elle pas été liquidée le 19 juillet 2005, laissant derrière elle un passif non négligeable de 3 millions d'euros ?
Aujourd'hui, M. Simier veut régler des comptes et cherche des boucs émissaires. Dans l'objet de sa rancœur, on trouve bien sûr les associations de protections de l'environnement réduites à une poignée de personnes («une à deux personnes»), écrit-il même !
Du grand classique ! Les ficelles sont connues ! La stratégie des bétonneurs de tous poils est toujours de faire passer le protecteur de l'environnement pour un gêneur, un briseur de l'activité économique et de l'emploi.
Les associations d'environnement sont régulièrement et injustement attaquées par certains responsables syndicaux agricoles ou responsables de l'agroalimentaire. Ces attaques sont inadmissibles, ces associations ne font rien d'autre que d'essayer de faire respecter notre cadre de vie, des lois et des réglementations que certains bafouent sans vergogne.
Mais plus grave, peu responsables et non dénuées de populisme sont les attaques de M. Simier contre les décisions de justice. Cette dernière est pourtant chargée de faire respecter les lois et la réglementation. En matière d'environnement elle a «du boulot sur la planche» tant les dérives sont permanentes, les enjeux financiers économiques prenant vite le pas sur la sauvegarde de la qualité de notre environnement, patrimoine commun.
C'est bien en application de la loi littoral que le tribunal administratif de Rennes a annulé en décembre 2004 le permis de construire accordée à LSE. Une décision confirmée en appel en juin 2005 par un autre tribunal, celui de Nantes. Dans l'autre exemple cité par M. Simier, celui de la station d'épuration de Combrit, c'est bien aussi en fonction de la loi littoral que deux décisions de deux tribunaux différents (le tribunal administratif de Rennes et le Conseil d'Etat) ont annulé le permis de construire. Dans ces deux dossiers, la justice a fait son travail et a appliqué les textes existants.
Le président de la République, lui-même, ne s'est-il pas déclaré «attaché à la loi littoral, dont il souhaite l'application pleine et entière» ?
M. Simier devrait savoir, lui qui revendique son intérêt pour l'environnement (n'a-t-il pas appelé son ex-société Lannilis Services Environnement !), que le littoral, est un territoire fragile, soumis à une grosse pression immobilière, et que depuis 1990 on a construit trois fois plus sur les communes littorales que sur le reste du territoire (villes comprises).
Dans la même veine populiste mais plus inquiétant encore en termes de démocratie, son appel à descendre la rue pour se faire entendre.
A Brest et dans pas mal de villes de Bretagne, on a appris, à nos dépens, ce que signifie ce genre d'appel : l'instrumentation de la violence : commandos d’éleveurs-casseurs de la mairie de Brest novembre 1998), blocage de l'usine de traitement des déchets du Spernot (15 jours en septembre 2002), etc.
...

Christian Bucher
Brest forum Ouest-France, 07 janvier 2006

 

retour page "Presse"

retour page d'accueil