TRAMWAY : "Le danger du référendum"

Une trentaine de villes ont réalisé un TCSP ou un VAL (dont Rennes). Après les autres pays européens, la France plébiscite aujourd’hui le Tram. La cohorte hétérogène des opposants le sait. Ils portent donc le débat sur la question de la démocratie locale qui serait à leurs yeux « bafoué ».

Le référendum local tant loué par les représentants locaux des partis de droite, qui ne l’ont jamais mis en pratique lorsqu’ils étaient aux manettes de la ville de Brest ou de la CUB, a des vertus. Il n’est cependant pas la panacée démocratique d’autant que certains ont tendance à l’utiliser à d’autres fins, électoralistes le plus souvent. Les sondages d’opinion le démontrent bien : on prépare l’opinion publique en forçant sur la "com" et ensuite, on demande l’avis au bon peuple en posant des questions qui ne correspondent pas obligatoirement au sujet.

La stratégie bien rôdée de ceux qui s’y opposent, pour des raison variées, mais jamais dénués d’arrière-pensées électoralistes, consiste à exacerber les peurs :
- peur de pertes de recettes des commerces durant les travaux ;
- peur des embouteillages provoqués par ces mêmes travaux
- peur d’augmentation des impôts .... Devant ces conditions, le danger du référendum réside dans le fait que le citoyen risque de répondre en non connaissance de cause ou à côté de la question. A noter qu’un seul référendum sur un projet tramway a eu lieu à Caen (sur les 30 villes françaises concernées par un TCSP) où, malgré son résultat négatif un tramway se réalise.

Pourquoi focaliser sur le projet emblématique du tramway sinon à régler des comptes politiques ? Par souci de cohérence, ces mêmes opposants ne devraient-ils réclamer un référendum sur les millions d’euros que la CUB a mis dans l’usine d’incinération, l’extension de l’aéroport ou qu'elle a l'intention de dépenser dans la nanofiltration à l’usine de production d’eau de Pont ar Bled ? Y aura-t-il un référendum sur un futur stade de football à Brest ?

Organisons aujourd’hui un référendum sur le droit de vote des immigrés ou sur le développement de la construction européenne. On peut raisonnablement penser que le non l’emporte, la démocratie y gagnerait-elle ? L’option référendum doit donc être utilisée avec sagesse et prudence car elle peut favoriser les approches populistes au détriment des vrais enjeux posés.

Il y a tout lieu de craindre que dans un référendum sur le projet tramway, les vraies questions ne soient jamais posées :
- Comment participer à la lutte vitale contre les gaz à effets de serre (liés essentiellement aux modes de transports par voiture ou camion) ?
- Comment concilier transports, aménagement de l’agglomération et qualité de vie ?
- Comment concilier déplacements et santé publique ?
En bref, quand on a une conscience écologique, les stratégies de cuisine électorale ne sont pas de mise. Le débat public doit aujourd’hui se porter vers une utilisation réfléchie, consciente et économe des différentes sources d’énergie, en favorisant celles qui sont renouvelables.

Membre du réseau Sortir du Nucléaire, AE2D (Agir pour l'Environnement et le Développement Durable) agit dans ce sens.

Je mets un élément à ce débat : un tram fonctionne à l’électricité, c'est-à-dire en utilisant les propriétés électromagnétiques spécifiques à cette énergie, à la différence du bus par exemple qui brûle des produits pétroliers et produit des gaz à effet de serre (sans parler qu’il ne crée pas de rupture radicale, spectaculaire, incitative avec l’existant).

Roger Connan
Ouest-France (Brest forum) -  12/03/2004

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