L'ex-Clemenceau attendu pour Noël en Angleterre

Les opposants britanniques ont définitivement perdu. Hier, la Cour d'appel de Londres a rejeté leur ultime recours. L'ancien porte-avions devrait effectuer sous peu son dernier voyage.

Les Friends of Hartlepool n'ont pas obtenu gain de cause devant la Cour d'appel de Londres. Hier après-midi, cette juridiction a rejeté l'ultime recours de ces opposants têtus au démantèlement de l'ex-Clemenceau en Grande-Bretagne. Le tribunal a confirmé la validité de la dérogation accordée pour importer en Angleterre les matériaux amiantés présents à bord de l'ancien porte-avions.
Côté britannique, ce rejet clôt le feuilleton judiciaire qui avait démarré avec l'annonce de la venue du Clemenceau. C'est bien sûr un succès majeur pour l'industriel chargé de le démanteler, Able UK. Hier, son PDG, Peter Stephenson, ne cachait pas sa fierté de pouvoir s'attaquer au « plus important projet de recyclage de navire jamais entrepris dans un chantier européen ».

 

Le départ vers l'Angleterre de l'ex-Clemenceau apparaît de plus en plus inéluctable. Il pourrait y être avant la fin de l'année.
Archives Jean-Michel Niester.

Ce n'est pas la première fois qu'Able UK avait affaire aux Friends of Hartlepool. Ceux-ci ont longtemps réussi à bloquer le démantèlement de quatre vieux navires américains arrivés en 2003 dans son chantier de Graythorp, situé près de la ville d'Hartlepool. L'Agence de l'environnement britannique n'a délivré qu'en juin dernier à l'industriel l'autorisation de se livrer à une activité de recyclage des déchets.
Able UK indique que la coque Q790, nom officiel de l'ex-Clemenceau, « arrivera dans son chantier avant la fin de l'année ». Il signale qu'il investit 40 millions de livres (46 millions d'euros) dans ses installations. Il s'agit, en particulier, de remettre en état la « plus grande cale sèche du monde ».
Selon l'industriel, 70 personnes travaillent déjà à la dépollution et à la déconstruction de vieux navires sur le site. « Leur nombre doit monter à 200 avec l'arrivée du Q790 et l'achèvement de la cale sèche. »
Côté français, aussi, le jugement de la Cour d'appel de Londres était attendu. Désormais, la Marine peut poursuivre avec davantage de sérénité les préparatifs de départ du Clemenceau. L'Agence de l'environnement britannique examine actuellement « sur le fond » l'autorisation de transfert transfrontalier du « déchet » Q790. « Elle a quelques semaines pour répondre et valider la demande », indique la Marine.

Recours côté français

Après, il faudra encore que l'Etat français délivre une autorisation d'exportation de matériel de guerre. Les préparatifs de la coque, eux, prendront un « délai maximal de six semaines ». Ce qui nous amène, effectivement, aux environs de la fin de l'année.
Les Anglais recevront donc un cadeau de Noël d'un genre un peu particulier. A moins qu'un ultime rebondissement judiciaire ne vienne perturber ce calendrier.
L'association écologiste brestoise AE2D n'a pas caché son intention s'opposer au départ de l'ex-Clemenceau en déposant un recours au tribunal administratif. « Le recours est prêt, indique Me David Rajjou, l'avocat de l'association. Nous attaquerons en référé dès que les autorisations finales d'exportation auront été accordées. »
AE2D compte mettre en cause les compétences de l'industriel Able UK. L'association doute de ses capacités de mener le chantier « en respectant les normes environnementales ».
Avant le clap de fin de cet interminable feuilleton, un nouveau rendez-vous au tribunal attend donc l'ex-Clemenceau.

Olivier MÉLENNEC
Ouest-France - Brest - 14/11/2008

retour page "Presse"

retour page d'accueil