Greenpeace fait le siège de l'Île Longue.
Entourée d'une flottille, l'association écologique
dénonce le programme nucléaire

A bord de son navire polaire l'Arctic Sunrise, Greenpeace est venu prêter main forte, hier après-midi, aux militants antinucléaires locaux, pacifiquement rassemblés autour de la base nucléaire de l'Île Longue, au sud de la rade de Brest, pour dénoncer la relance des programmes nucléaires civils et militaires. Trois militants ont été interpellés.

A terre, 150 manifestants, les internationaux de Greenpeace et les locaux de "Sortir du nucléaire", se faisaient bloquer par 50 gendarmes en tenue de combat, à l'entrée de la base nucléaire de l'île Longue. En mer, entouré de 40 plaisanciers de la flottille "Rade de Brest pour une mer propre" le Zodiac de l'Arctic Sunrise, le brise-glace rouge de Greenpeace était arraisonné par les commandos marines, pour avoir pénétré le périmètre interdit à la navigation. N'ayant alors plus aucune chance de "mener une inspection citoyenne de la base", ses occupants, trois militants de Greenpeace, dont Yannick Jabot, directeur de la campagne française de désarmement nucléaire, étaient conduits sur l'Île Longue. Cette base abrite les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins et construit les missiles nucléaires intercontinentaux : "Puisque la France ne respecte pas ses engagements, poursuivant la recherche nucléaire, modernisant son équipement, Greenpeace, en s'approchant un peu trop près de l'Île Longue, lui renvoie son attitude hypocrite," commentait, hier, en fin d'après-midi, Pascal Husting, directeur de Greenpeace France, "déterminé à l'action, alors que se tient à l'ONU, en ce mois de mai, la conférence de révision du traité de non-prolifération."

Greenpeace renforcé

Sur la grève du charmant petit village du Fret, non loin de la double barrière de barbelés électrifiés, armés d'instruments divers produisant un vacarme conséquent, les militants restés à terre faisaient écho à la flottille. De leurs jolis jardins, les habitants des maisons voisines de la base écoutaient en silence : "Nous rappelons à la population que l'Île Longue, où est concentrée 90 % de la force de dissuasion nucléaire française, soit près de 290 têtes nucléaires, près de 2 000 fois la puissance de la bombe atomique lâchée sur Hiroshima, constitue un risque majeur pour la santé publique du personnel y travaillant et des habitants de la région, pour l'environnement et la paix dans le monde", discourait Xavier Renou, porte-parole de Greenpeace.

Vers 19 h, l'Arctic Sunrise recevait l'autorisation d'accoster au port de Brest. Et l'équipage apprenait que ses trois militants étaient relâchés, même si des suites judiciaires sont à prévoir : "Pour la première fois, renforcé par la flottille brestoise, Greenpeace ne s'est pas retrouvé isolé sur la mer, concluait Pascal Husting. En s'unissant aux associations locales, Greenpeace a franchi un cap important, qui laisse augurer une plus forte mobilisation citoyenne."

Frédérique GUIZIOU
Ouest-France - 16-05-2005

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