Port du Château : des boues qui inquiètent


2 000 m3 de vases ont été extraits. Mais elles sont polluées tout comme les sédiments qui restent à draguer. L'association Ae2d interpelle l'État.

Au pied de la préfecture maritime de l'Atlantique, les travaux d'aménagement du futur port de plaisance du Château ont démarré. Notamment, en fin d'année dernière, 2 000 m3 de vases ont été extraites puis stockées sur le polder, dans un centre d'enfouissement, près du Moulin-Blanc. Problème : elles sont polluées avec des taux d'hydrocarbure hors normes comme l'association Robin des B
ois l'a révélé (lire Ouest-France du 27 juin).
Il reste encore entre 4000 et 2 000 m3 de boues à extraire, dont la majeure partie est aussi polluée, jusqu'à 15 fois la norme en métaux lourds et 40 fois celle en hydrocarbures. Elles nécessiteront un traitement particulier après dragage.
L'association Agir pour l'environnement et le développement durable (Ae2d) s'inquiète de “leur incidence possible en rade et probable sur le milieu naturel, aussi bien en cas de rejet ailleurs dans la rade qu'à l'occasion d'un stockage à terre effectué dans des conditions environnementales insatisfaisantes”.
Elle a écrit au préfet du Finistère. Elle demande à l'État de “préciser sa position” sur ce dossier. Et pose la question, “au vu du niveau de pollution des boues”, d'un nouvel arrêté préfectoral.

Des méthodes en cours de tests
Quelle solution ? C'est un casse-tête pour Brest métropole aménagement (RMA), la société d'économie mixte qui a obtenu la maîtrise d'ouvrage déléguée de la communauté urbaine. Patrick Prigent, son responsable, espérait une solution pour mi-juillet. C'est d'ores-et-déjà inconcevable. “On est en train de tester différentes méthodes pour déterminer la meilleure filière”.
Bactéries, chaleur, chaux... Ces solutions sont testées selon leur efficacité et leur coût. “On attend. Il n'est pas possible de donner de calendrier”. Mais le transport vers les décharges de classe 1 de Laval ou d'Angers est écarté car il coûterait cher et ne serait pas écologique.

Selon Patrick Prigent, il n'y a pas de danger pour la rade. “Le stockage est temporaire. Les boues ont été rendues compactes grâce à un mélange de chaux. Elles ne sont pas “lessivables” sous l'effet des pluies. On a refait des prélèvements. Aucun des composants ne va dans la rade”.
Quant au sel marin contenu dans ces boues, il ne poserait pas problème. “Ici, c'est un polder. Il n'y a pas de risque de polluer une nappe phréatique !” En attendant, le dragage est arrêté. Patrick Prigent attend aussi un nouvel arrêté préfectoral, qui prendra en compte la nouvelle situation. De son côté, la préfecture annonce qu'elle “répondra à l'association”.
Déjà, le chantier du port avait pris du retard - quatre mois minimum - car il a fallu renforcer le quai Malbert pour accueillir la grue de 200 tonnes.

Laurence GUILMO.
Ouest-France - 18-07-2007

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