Manifestation des antinucléaires ce matin à Île-Longue

 

Un collectif de huit associations (1) organisait, hier, une conférence-débat à la faculté des lettres de Brest sur le thème «Dissuasion ... Désarmement nucléaire !». Aujourd'hui, ce même collectif appelle à manifester à l'entrée de l'Île-Longue pour protester contre la visite de Jacques Chirac. Le rendez-vous est fixé à 10 h 30, au rond-point Tal-ar-Groas, puis à 11 h au port du fret où des kayakistes de la « Flottille rade de Brest » rejoindront le mouvement. «À pied ou en kayak, toutes les personnes qui s'opposent à la prolifération des armes nucléaires sont les bienvenues », notent les membres du collectif.

«Chirac, c'est l'homme atomique»

Chaque association a son mot à dire contre la politique française en la matière. Pour Greenpeace, «la France viole ouvertement le Traité de non-prolifération nucléaire». Dominique Lalanne, directeur de recherche au CNRS et membre du parti des Verts, parle de «suivisme» de la France qui emboîte le pas aux Américains. Pour lui, il faut organiser un processus international « à la manière du protocole de Kyoto » pour inciter au désarmement. « Chirac, c'est l'homme atomique, celui a qui relancé les essais nucléaires et à Brest, nous ne l'avons pas oublié », ajoute ce responsable de la section locale des Verts.

Jean-Marie Collin, journaliste spécialisé dans ces questions, était aussi l'invité de la conférence-débat d'hier. Il a rappelé qu'avec ses 348 ogives, la France est la 4e puissance nucléaire au monde. «À Crozon, la construction des hangars pour les futurs missiles M51 va coûter quelque 350 millions d'euros et les missiles en eux-mêmes 4 milliards d'euros», dit-il. «Ici, les gens n'osent pas s'opposer au programme nucléaire car il croit que cela donne de l'emploi aux populations locales. Mais avec ces sommes colossales, on pourrait faire des choses beaucoup plus productrices d'emplois», pense ce représentant de l'Université européenne de la paix. L'association tient aussi à rappeler «la menace qui pèse en permanence sur les populations locales. C'est chez nous qu'elles sont les armes de destruction massive !»

(1) AE2D, Flottille rade de Brest pour une mer propre, Greenpeace, Les Amis du Monde diplomatique, Mouvement de la paix, Université européenne de paix, Sortir du nucléaire, Les Verts du pays de Brest.

Solange ESTEVES.
Ouest-France - 19-01-2006

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