Le Sarkourzk des antinucléaires à Crozon

Hier, face à la base nucléaire de l’Île Longue, les militants ont dénoncé le lancement du Terrible, "arme sous-marine encore plus redoutable."

Rassemblement symbolique, hier après-midi au port du Fret, à Crozon, des militants de Sortir du Nucléaire et de l'Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, face à la base militaire de l’Île Longue, qui abrite 288 têtes nucléaires, "2 000 fois la puissance destructrice d'Hiroshima".
Alors que le président de la République Nicolas Sarkozy procède, ce vendredi 21 mars à Cherbourg, au lancement du Terrible, 4e sous-marin nucléaire lanceur d'engins nouvelle génération, les antinucléaires soulignent "qu'une fois de plus, la France trahit sa parole".

Ce programme nucléaire coûtera officiellement à la France, "qui a pourtant signé, en 1992, le traité de non-prolifération nucléaire", 25 milliards d'euros (32 selon des experts indépendants), dont 4,5 milliards consacrés au programme M51, ces missiles balistiques lancés depuis un sous-marin : "La portée de ces nouveaux missiles, leur puissance et leur performance en font des armes plus redoutables encore que leurs prédécesseurs, explique Marie Nicolas, de Sortir du Nucléaire Cornouaille. La France, au mépris de ses engagements internationaux, modernise et perfectionne son arsenal. Il ne s'agit plus de dissuasion, mais d'une escalade offensive et tactique."

Commandé par Nicolas Sarkozy, bientôt présenté, le nouveau "Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale", qui "définit un concept de défense globale du pays et de ses intérêts, est également dénoncé par Roger Abiven d'AE2D, Agir pour l'environnement et le développement durable : "En voulant imiter la doctrine américaine de “guerre préventive”, il ne fait qu'aggraver les risques de prolifération nucléaire, souligne t'il. Il est urgent d'inciter tous les politiques à réfléchir sur ces contradictions."

À l'initiative de l'Université Européenne de la Paix, "face aux lobbies militaro-industriels", un débat public, jeudi 27 mars, à 20h, maison des Syndicats à Brest, fera le point sur ces questions "fondamentales" de défense et sécurité, "dont les citoyens sont systématiquement exclus."

F.G.
Ouest-France -  21/03/2008

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