Le Costour, vallée menacée au coeur de l'agglo

Selon une association, ce paradis naturel pourrait disparaître. Le danger ? Le projet de BMO de réaliser un nouveau quartier, à proximité directe.

« C'est la forêt du Cranou à quelques minutes de Brest, accessible par bus », s'enthousiasme Eric Basquin, qui a découvert ce lieu unique, par hasard, il y a quelques années.

La Vallée du Costour ? Imaginez 39 hectares de nature situés entre le nouveau Décathlon, au Froutven... et la nouvelle piscine du Moulin-Blanc. Un « poumon vert » composé d'un plan d'eau, de ruisseaux, et de bois, et qui abrite une riche faune: chevreuils, blaireaux, oiseaux et autres insectes dont certains sont menacés de disparition comme le carabe, un scarabé à reflets dorés. Un lieu d'histoire aussi, avec une ancienne poudrerie et des carrières de schistes qui ont servi à la reconstruction de Brest.

 

La vallée du Costour, un paradis encore sauvage entre la zone commerciale du Froutven et la nouvelle piscine du Moulin-Blanc. : DR

Un quartier trop proche
Mais la tranquillité des « habitants » de cette vallée discrète, située à 80% sur Guipavas et 20% sur le Relecq-Kerhuon, est menacée. Brest métropole Océane ambitionne de construire un nouveau quartier présenté comme « écologique », au Rody, à Guipavas, d'ici 2015. À proximité directe du Costour.
Eric Basquin, ardent défenseur, a tiré la sonnette d'alarme. Il y a trois semaines, les statuts de Costour Poumon Vert en Finistère sont parus au Journal officiel. L'association a reçu le soutien de poids des Verts, de Bretagne vivante, et d'Agir pour l'environnement et le développement durable.
« On demande à BMO de revoir son projet qui oublie l'environnement et sacrifie la vallée. » Moins de logements donc, et que des maisons passives en énergie. Surtout, il faudrait préserver la zone tampon qui borde la vallée, et donc les terres agricoles. Une « ceinture verte » indispensable, selon l'association, pour assurer la survie de la zone sauvage. Elle imagine aussi la création d'un technopole axé sur l'éco-habitat, avec des entreprises et un lieu de formation.

Une chance à saisir
Dans le projet de BMO, la Vallée deviendrait un « parc urbain ». « Un espace vert stérile ? », craint Christian Bucher, des Verts. C'est une zone fragile, insistent ses défenseurs. Des travaux de canalisation ont été réalisés en haut de la vallée, pour évacuer les eaux usées de la zone commerciale du Froutven. Mais, même si l'espace a été réaménagé, « les hérons et aigrettes ne viennent plus nicher ».
En plus, le système d'évacuation ne serait pas efficace. « Lors des derniers orage, la zone s'est retrouvée inondée. Et donc polluée. » L'association craint le même scénario si le quartier est réalisé. Or, l'eau du Costour assure 15% de l'approvionnement en eau potable de BMO.
Du côté de la communauté de communes, Marc Mathieu, directeur adjoint du cabinet de François Cuillandre, proteste : « Notre objectif n'est pas de raser le Costour mais de le préserver ! Les associations participent à la réflexion sur le projet, qui ne borde pas le Costour».
Roger Abiven, d'Agir pour l'environnement, insiste: « C'est la dernière vallée sauvage de l'agglomération. Ne laissons pas passer cette chance ».

Rens. 02 98 30 55 43 ou www.costour.fr

Laurence GUILMO.
Ouest-France - Brest - 22/11/2008

retour page "Presse"

retour page d'accueil