Trier c'est bien, réduire ses déchets c'est mieux

L'idée émerge du côté de la collectivité. Mais les initiatives sont plutôt aux associations.

Toujours plus de déchets. 499 kg/an/habitant en 1999, en cumulant ordures ménagères, tri sélectif et déchèteries. 547 kg en 2007. Soit une hausse de 10 % du volume global des déchets collectés. Cela provient surtout des tonnages en déchéterie, et notamment des encombrants. La mise en place depuis 1999 d'une collecte sélective à domicile a permis d'augmenter le recyclage de 85 % et de réduire de 20 % le poids des ordures ménagères destinées à l'incinération.

 

Pas d'action forte. Brest métropole océane se contente de sensibiliser dans le cadre de la semaine nationale de réduction des déchets (du 22 au 30 novembre). Elle met en avant des associations menant des microprojets : compost pour un jardin partagé de Kérangoff, animation sur la consommation d'emballages dans un supermarché de Keredern, distribution d'autocollants stop-pub pour les boîtes aux lettres... La réduction des déchets, « c'est dans l'air du temps », avance timidement Jean-Claude Kerjean, vice-président de BMO. Mais la collectivité ne lance pas de grosse initiative en la matière. Pas de collecte des produits biodégradables ou de facturation au poids d'ordures ménagères par exemple. Pas de grand discours non plus.

Acheter moins d'emballages. L'association de consommateurs CLCV bataille sur ce thème. Le choix se fait dans le rayon du supermarché. Pour un produit identique, il existe des emballages plus ou moins importants. De même, le réseau de magasins Biocoop se prépare à arrêter la vente d'eau en bouteilles plastique.

La piste du compost. 4 500 composteurs individuels ont été distribués sur BMO en dix ans. Plus de 19 foyers sur 20 jettent donc aux ordures ménagères toutes ces pelures, trognons, restes de repas biodégradables qui pèsent un quart des poubelles. Un quart qui représente de coûteuses collecte et incinération, alors qu'en même temps les ventes de terreau progressent.
Certes il est difficile de stocker des déchets organiques en appartement. L'association Vert le jardin teste un composteur en ville, à Kerangoff, devant le Jardin bleu. « Dans les jardins partagés, on en manque » assure son représentant Michel Campion. Pas question de généraliser pour l'instant. « Il n'est pas question de ramassage lourd. Plutôt de réduction à la source », selon Pierre-Yves Clavier, directeur adjoint au service propreté déchets de BMO.

Encore des efforts pour le recyclage

Le problème du centre-ville. 41 % des 125 000 habitants de la communauté urbaine ne sont pas desservis par la collecte sélective (bacs à couvercle jaune) une fois par semaine et doivent donc faire l'effort de stocker chez eux puis de porter leur tri aux points de dépôt volontaire. Plougastel est mal desservie, mais surtout Brest, dont 55 % de la population échappe au service. Le point noir, c'est le centre-ville, où 30 000 personnes ne peuvent trier leurs déchets. L'encombrement de ce conteneur supplémentaire n'a pas permis de doter bon nombre d'immeubles. Idem pour les points d'apport volontaire, qui supposent pas mal d'espace au sol. Un système de réseau souterrain pneumatique est à l'étude. Il supposerait une décision rapide pour correspondre aux travaux du tramway.
Ainsi, sur la collecte de verre, BMO, avec 26 kg/an/habitant, est en dessous de la moyenne nationale (32 kg). Cette dernière comprend les zones rurales où l'apport volontaire est le plus fort. Mais même comparée aux zones urbaines, la collecte est plus faible à Brest.

Gain économique. Les ventes de matière première recyclable et les subventions d'éco emballages compensent seulement le coût du tri (mécanique et manuel au Spernot), mais pas celui de la collecte par camion. Toutefois, 20 % d'ordures en moins à incinérer, c'est aussi des investissements évités à l'usine du Spernot. Le programme du tri reste à boucler. « On a fait le plus facile », reconnaît Pierre-Yves Clavier. Chaque bac de tri enterré, chaque tournée de collecte supplémentaire seront maintenant plus coûteux par personne desservie.

Sébastien PANOU.
Ouest-France - Brest - 26/11/2008

retour page "Presse"

retour page d'accueil