Les participants à l'opération « Nénuphar » manifestaient hier à Lannilis
UNE MARCHE POUR LA QUALITE DE L'EAU


Une centaine de militants participant à l'opération «Nénuphar » s'étaient donné rendez-vous, hier, à Lannilis. Ils effectuent des retenues sur leurs factures d'eau, parce qu'ils l'estiment trop polluée. Le collectif réclame la protection des captages par la mise en place de périmètres sans activités agricoles.

Une centaine de participants à l'opération «Nénuphar» se retrouvaient, hier, à Lannilis, afin d'échafauder leur stratégie. Ce regroupement d'associations et de consommateurs vise à reconquérir la qualité de l'eau en exerçant une pression sur les décideurs. Elles réclament des mesures pour améliorer l'eau potable, et diminuer son prix.

Actuellement, environ 500 foyers bretons effectuent des retenues sur leurs factures. Cette somme ­ d'environ 15 euros par an ­ équivaut à la redevance «pollution». Elle est versée sur un compte bloqué, par chèque à l'ordre de l'opération «Nénuphar». On peut aussi participer en retenant un euro symbolique. Comme cela ne dispense pas de poursuites en recouvrement, certains sympathisants peuvent, cependant, hésiter à se lancer dans l'opération.

Combat à long terme

C'est l'association de Lannilis Kan an dour (le chant de l'eau) qui accueillait la réunion. Les participants, représentant Les Verts, Diwal an Abériou, Eau et rivières, Eau et nature, et AE2D se sont divisés en cinq ateliers de travail. Ils feront part de leurs réflexions dans les semaines à venir. «Nous cherchons des idées pour élargir le mouvement», explique Laurent Berrezaie, président de Kan an dour.

Ensuite, en milieu d'après-midi, une centaine de manifestants ont marché jusqu'au captage d'eau de Kerwenn, à la sortie de Lannilis. L'installation est partiellement fermée depuis plus d'un an, en raison d'un taux de nitrates supérieur aux normes autorisées. C'est le cas dans une soixantaine d'autres communes en Bretagne. Non loin, à Tréglonou, un autre captage est menacé.

Lannilis, qui abrite de nombreux élevages porcins, est au cur de la contestation. Actuellement, l'eau brute qu'on y prélève affiche 98 mg par litre (la norme plafonne à 50), et doit donc subir un mélange avec de l'eau ­ préalablement traitée ­ en provenance d'un captage à Kernilis, commune voisine.

«L'eau du robinet est potable grâce à des solutions chimiques et aux mélanges. Cela ne nous satisfait pas, déplore Laurent Berrezaie. Localement, nous demandons la protection des captages par un périmètre sans activités agricoles.» Cette solution a été adoptée avec succès par les municipalités de Saint-Yvi et Elliant, dans le sud-Finistère, où les taux de nitrates et pesticides déclinent régulièrement.

Certains manifestants reprochent donc au maire de Lannilis, Jean-Louis Kerboull, d'avoir «abandonné» face à une pollution qu'ils ne considèrent pas comme une fatalité. «A son image, estime Jean-Marie Béghin (Eau et nature) la plupart des maires ne s'en soucient guère, car la reconquête de la qualité de l'eau nécessite un combat sur le long terme.»

Les écologistes tiennent un argument de premier ordre : la loi sur l'eau du 4 janvier 1992, dont l'article 2 souligne l'importance, pour la salubrité publique, de la «protection contre toute pollution» et «la restauration de la qualité des eaux superficielles et souterraines et des eaux de mer». Les Nénuphars plutôt que des algues vertes. Si les textes l'exigent ...

Frédéric BARILLÉ
Ouest-France -  27 janvier 2003

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