La centrale de Brennilis fait encore débat

Les associations écologistes s'inquiètent des conditions du démantèlement de la centrale nucléaire. EDF s'efforce de rassurer.
L'association «Agir pour l'environnement et le développement durable» et le réseau «Sortir du nucléaire» n'apprécient pas : ils viennent de découvrir, par hasard, qu'un arrêté préfectoral publié en 2002 autorisant EDF à pomper la nappe phréatique sous un bâtiment qui avait abrité les effluents du réacteur nucléaire de la centrale de Brennilis avait été modifié en 2005.

«Aujourd'hui, les eaux de cette nappe sont évacuées vers le lac Saint-Michel. Avant, elles étaient rejetées dans le ruisseau l'Ellez. Pourquoi ne l'a-t-on pas su ·», interroge Olivier Marc, qui a participé, hier après-midi, à la réunion semestrielle de l'observatoire du démantèlement de la centrale de Brennilis. (1)

Effectivement, le sujet pose problème. Avec le bâtiment réacteur, c'est le seul qui ne soit pas encore entièrement démoli. Les sous-sols ne peuvent pas pour l'instant être touchés. «Ces travaux auraient dû être terminés fin 2005, explique Bertrand Dubuis, chef du site de Brennilis. Ces retards sont normaux dans une opération pilote comme celle-ci. C'est une première, on préfère prendre le temps.» Alors que les écologistes disent n'avoir pas reçu les analyses de l'eau renvoyée dans le lac Saint-Michel, Bertrand Dubuis affirme que «ces sous-sols sont très faiblement radioactifs, les analyses de l'eau sont constantes, et ne comptent pas d'anomalies».

Autre sujet d'inquiétude des protecteurs de l'environnement : le décret autorisant les travaux de niveau 3 sur l'enceinte réacteur a été publié en février. Or, les associations estiment que les recommandations édictées en 1999 lors d'une première ébauche du démantèlement ne sont pas respectées. Ils ont déposé un recours en annulation de ce décret.

Sur le site, les travaux continuent. Le bâtiment du réacteur nucléaire de cette centrale à eau lourde construite en 1965 et qui s'est arrêtée en 1985 est le seul, avec la cheminée, à être encore debout. A ses côtés, EDF a construit un bâtiment spécialement pour sa démolition. «Aujourd'hui, tout ce qui est à l'intérieur du bâtiment est enlevé. On prépare le démantèlement des échangeurs de chaleur, 16 bouteilles de 16 m de haut et de 35 t chacune, qui aura lieu à l'automne», poursuit Bertrand Dubuis. Ces travaux seront achevés en 2008. Débuteront alors les travaux sur le réacteur lui-même, qui dureront jusqu'en 2018.

Philippe ATTARD.

(1) L'observatoire réunit élus, représentants de l'État, associations de protection de l'environnement, pour faire le point sur la démantèlement de la centrale de Brennilis.

Ouest-France - 29-11-2006

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