DAOULAS : Des associations contre le projet d'extension de Pont-ar-Bled

A l'appel de l'association AE2D (Agir pour l'Environnement et le Développement Durable), une quinzaine de personnes s'étaient réunies, mercredi 29 octobre à Daoulas, pour réfléchir sur les conséquences du projet d'extension de l'usine de Pont-ar-Bled sur l'Elorn.

Bien que la volonté de l'association AE2D soit de réunir toutes les personnes et toutes les associations, voire les collectivités locales opposées au projet d'extension de l'usine de Pont-ar-Bled, force est de constater que l'unité ne s'est pas réalisée sur l'ensemble des quatre éléments du dossier soumis à l'enquête publique.

Un accord général se fait sur l'utilité de protection du périmètre du bassin versant de l'Elorn, bien que AE2D soit sceptique sur une réelle volonté de l'appliquer, puisqu'un contrat Bretagne Eau Pure a déjà prévu cette protection avec des crédits importants. Un intervenant s'est demandé pourquoi on veut encore dépenser beaucoup d'argent public alors qu'on sait que la pollution agricole a diminué et que seules quelques exploitations intensives sont à l'origine de la plus grande partie des nuisances.

En ce qui concerne le principe du système de nanofiltration, il est admis par certains, s'il peut résoudre le problème de l'élimination des pesticides, mais, se demande André Huet de Loperhet, " Est-il justifié de consacrer 13 millions d'euros à ce projet, alors que la consommation d'eau pour l'alimentation est en fait, très faible. " Roger Abiven, lui, trouve que " la CUB dont la consommation dépend à 80% de l'Elorn et qui est le principal acteur du syndicat de bassin est un peu timide en ce qui concerne la recherche d'autres alternatives que celle prévue. " Il pense par ailleurs qu' " en réalité la CUB est sous pression de son fermier dont la fonction commerciale est de vendre de l'eau et qui a donc intérêt que la consommation et donc la ponction dans l'Elorn soit la plus importante possible." Comment expliquer autrement la volonté de passer de 35 000 à 55 000 m3, car le maximum de consommation n'a jamais dépassé 28 000 m3. C'est le record battu et c'était cet été en période de canicule.

Le quatrième point du projet (le rejet des éléments en amont de l'usine après traitement) rencontre une unanimité d'opposition, puisqu'elle se traduirait par une teneur en nitrate de 60 à 70 mg par litre dans l'Elorn.

Malgré la volonté évidente d'AE2D de garder sa neutralité, plusieurs interventions ont eu des consonances à caractère politique, en particulier, lorsqu'il a été question de demander au Conseil Général d'intervenir dans ce dossier. Ceci est normal dans cette période où les élections se dessinent à l'horizon proche.


Ouest-France -  31/10/2003

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