Irradiés de la Hague : Areva maintient

Pour l'exploitant de l'usine de retraitement, la santé des deux ouvriers n'est pas menacée. Reste l'indépendance des contrôles...

Le témoignage des deux salariés qui se battent pour faire reconnaître en justice leur irradiation accidentelle à l'usine de retraitement nucléaire de la Hague (O.-F. du 30 juin) a suscité une nouvelle réaction de leur employeur : « Il n'y a aucun risque sanitaire pour les deux opérateurs », maintient Areva. Les fractures chromosomiques détectées dans leur sang ? « Pas significatives. Nos calculs ont été expertisés par l'IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) et validés par l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire). »

Si l'accident du travail n'a pas été reconnu, c'est « parce qu'il ne s'agit pas d'un événement ayant entraîné des lésions. La maladie professionnelle serait reconnue si elle survenait. »

 

Les contrôles en question

Côté santé, tout serait donc nickel. Côté ambiance interne, « nous avons toujours accompagné positivement ces deux salariés », affirme la directrice des ressources humaines. Si le syndicaliste qui les épaule, Jean-Pierre Benoît, « est isolé, c'est parce qu'il se trompe. Si son dossier était bon, la justice nous aurait mis en cause. »

Exclu de son syndicat, le SPAEN, Jean-Pierre Benoît fait entendre une autre chanson : « Aujourd'hui, je n'ai ni bureau ni téléphone. » Il persiste dans sa contestation des estimations de doses faites par Areva. « Il y a incohérence à reconnaître des fractures chromosomiques et annoncer, en même temps, un taux de contamination aussi faible alors qu'au moment des faits, tous les appareils d'alerte étaient saturés. »

En filigrane, c'est l'indépendance des contrôles qui est en cause. Areva assure elle-même le suivi de la santé de ses salariés. À la fin des années 1970, les syndicats maison avaient réclamé, en vain, un service indépendant. ASN et IRSN travaillent sur la base des données fournies par le groupe nucléaire. Un peu comme si l'automobiliste était chargé de signaler ses excès de vitesse aux gendarmes...

Jean-Pierre BUISSON.
Ouest-France - Normandie - 02/07/2009

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