Clem': « Rien n'est respecté, on nous a menti »

Le Comité de vigilance s'est rendu à Hartlepool en Angleterre. Le porte-avions n'est toujours pas au sec.

« Le Clemenceau ne sera jamais démantelé dans les conditions promises par l'État ». Voici en résumé la pensée des membres du Comité de vigilance ex-Clemenceau, au sujet du chantier Able UK à Hartlepool au nord-est de l'Angleterre. L'ancien porte-avions chargé de 700 tonnes de matériaux amiantés est arrivé là-bas début février après qu'Able UK ait remporté l'appel d'offres. Roger Abiven et sa femme, membres du comité, s'y sont rendus les 26 et 27 mai, sans toutefois être autorisés à entrer sur le chantier.

Ils ont tout d'abord été « impressionnés par la cohabitation dans l'estuaire de la Tees d'activités très diverses : discothèque, décharge, centrale nucléaire, industrie chimique, zone naturelle, habitations ».

 

À l'arrivée de la coque Q790 début février, le chantier Able UK assurait la pose d'une « digue » pour assécher la zone de démantèlement, dans les deux mois. Un délai largement dépassé. Les travaux ont néanmoins commencé sur le porte-avions à flot. : Reuters

Surtout, ils ont constaté que le Clem' est toujours à flot. Il doit être démantelé dans une darse, un fond d'estuaire, asséché par la pose d'une sorte de digue escamotable. Le chantier avait assuré à l'arrivée du navire que ce bâtardeau serait réalisé en deux mois. Un délai déjà largement dépassé, qui augure mal de l'avenir, alors que le contrat prévoit bien « la complète déconstruction et élimination du dernier déchet en moins de 12 mois ».

Le Comité de vigilance doute plus que jamais de l'innocuité du chantier pour l'environnement, dans cet espace de 10 hectares, qui n'a « rien d'une cale sèche » et dans lequel un navire-citerne devra encore pénétrer pour pomper les eaux polluées de ruissellement.

Les travaux auraient commencé, à l'intérieur du navire, à flot. Déjà, la communauté d'Hartlepool se serait émue du fait que les ouvriers polonais embauchés étaient logés sur deux vieilles plateformes destinées elles aussi à la casse.

« L'appel d'offres, tout ça, c'est du vent, a dit Jean-Paul Hellequin. Rien n'est respecté. On nous a menti. Si ce chantier est la référence en matière de démantèlement, comme le dit la Marine, ça me fait peur ».

Sébastien PANOU.
Ouest-France - Brest - 03/06/2009

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