Polémique autour des algues vertes

Certains estiment que le décès d'un cheval sur une plage des Côtes-d'Armor, mardi, serait lié au gaz qu'elles produisent.

La mort d'un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève reste inexpliquée. Mardi, le cavalier et sa monture auraient tenté de traverser le Roscoat, un ruisseau qui débouche sur cette plage du Trégor. Le cheval est mort étouffé. Le cavalier a été retrouvé inconscient après s'être enlisé dans un mélange de vase et d'algues vertes, dont la putréfaction produit un gaz dangereux et toxique.

« Cela n'a strictement rien à voir avec les algues », a d'abord affirmé un gendarme pour qui le cheval s'est enlisé dans la vase. « Il ne peut y avoir d'algues en putréfaction à cet endroit qui est régulièrement nettoyé. Ça ne pourrit pas en une journée », a aussi confirmé Gilles Efflam, qui a secouru la victime. Sa tractopelle sert d'habitude à ramasser les quantités d'algues vertes qui polluent cette plage.

Mais les témoignages mettant en cause l'algue verte se multiplient. Benoît Ropartz était lui aussi parmi les premiers sur les lieux. « Avec mes jumelles, j'ai vu le cheval et suis descendu avec mon voisin. Nous sommes montés dans le godet de la tractopelle pour atteindre le cavalier. Le cheval était déjà mort. Il y avait des algues en quantité et elles devaient être là depuis trois ou quatre semaines. »

Médecin urgentiste à l'hôpital de Lannion, Pierre Philippe rappelle des expériences passées : « Il y a dix ans, je me suis occupé d'un ouvrier intoxiqué par les gaz issus des algues qu'ils ramassaient. Cette nouvelle intoxication d'un homme et d'un animal survient après celle de deux chiens à Hillion. »

Il faut désormais attendre quelques jours pour avoir les résultats de l'autopsie du cheval. « Nous espérons que la préfecture les fera connaître », ajoute Yves-Marie Le Lay, de l'association environnementale Sauvegarde du Trégor.

Pierre DUQUESNE.
Ouest-France - Bretagne - 03/08/2009

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