Le Clem' a franchi une dernière fois le goulet

L'ancien porte-avions a quitté Brest hier matin. Une sortie de scène très discrète.

Départ à 11 h pile
Hier matin, à 11 h pile, l'ex-Clemenceau a décollé l'épi porte-avions numéro 4, où il se trouvait depuis mai 2006, date de son retour d'Inde. La manoeuvre a mobilisé le remorqueur côtier Buffle, cinq remorqueurs portuaires et deux pousseurs. Une fois les passes du port militaire franchies, le remorqueur de haute mer britannique Anglian Earl a pris le relais.

Destination Hartlepool
Le Clem' a pris la direction d'Hartlepool, dans le nord-est de l'Angleterre. C'est là qu'il sera déconstruit par l'industriel Able UK. Le voyage prendra entre quatre et six jours de mer.

 

Bye, bye le Clem'! L'ancien porte-avions a mis le cap hier matin sur l'Angleterre. : Thierry Creux.

Communiqué tardif
L
es autorités françaises n'ont communiqué l'heure de départ du Clemenceau que deux heures avant l'appareillage effectif, qui a eu lieu hier à 11 h. La Marine explique qu'elle n'avait pas la maîtrise des opérations. « La décision de partir relevait du chantier britannique, qui a la responsabilité du remorquage, affirme le capitaine de frégate Bertrand Hudault, officier de communication de la Marine. Nous n'avions pas la volonté de faire de la publicité mais pas celle d'écarter la presse non plus. »

Peu de public
Il y avait peu de public pour assister au départ du Clem'. Beaucoup moins que pour son retour en 2006. Le black-out des autorités sur l'heure du départ explique sans doute ce peu d'engouement. Le verglas aussi.

Un mois de préparation
Installation du matériel de remorquage, fermeture des portes étanches, ballastage... Depuis un mois, une trentaine de marins de la base navale préparaient la coque Q790, nom officiel de l'ex-Clemenceau, pour son dernier voyage. « Ce fut un travail de longue haleine », commente le capitaine de frégate Luc Desloges, commandant adjoint de la base navale.

Gardiennage
La Marine voit partir le Clemenceau sans regret. Le gardiennage de la coque mobilisait entre 7 et 10 personnes depuis son retour à Brest en mai 2006.

Amiante
Le chantier britannique Able UK estime que le Clem' contient encore 770 tonnes de matériaux amiantés. Ceux-ci seront enfouis dans une décharge de classe 1 située à quelques centaines de mètres du chantier de démantèlement. « Cela limite les risques dus au transport », souligne Didier Lépine, du Service de soutien de la flotte.

Darse naturelle
À Hartlepool, le Clemenceau sera déconstruit dans un immense bassin. En fait, une darse naturelle au fond argileux. Celle-ci sera close par des plots en béton qui permettront de l'assécher. Cette barrière est en cours de construction.

Olivier MÉLENNEC.
Ouest-France - Brest - 04/02/2009

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