De l'amiante dans la peinture du Triomphant

La CGT pointe des risques d'exposition à l'amiante sur le chantier de réparation du sous-marin. La direction de DCNS assure qu'ils ont été pris en compte.

Alerte à l'amiante à l'île Longue ! Et, plus précisément, sur le chantier de réparation du sous-marin nucléaire lanceur d'engins Le Triomphant. Selon la CGT, « des mesures effectuées ont révélé la présence de poussière d'amiante ».
Du coup, le syndicat demande des explications à l'industriel DCNS, chargé d'effectuer les travaux, sur les risques d'exposition à ce matériau hautement cancérigène. Les élus du syndicat au comité d'hygiène, sécurité, conditions de travail (CHSCT) ont demandé et obtenu une réunion exceptionnelle qui aura lieu lundi 6 avril.
« Nous allons demander ce que DCNS compte mettre en oeuvre pour protéger les salariés, indique Yvon Velly, secrétaire du syndicat CGT de l'arsenal. Ce qui nous inquiète, vu les délais imposés par la Marine et les cadences, c'est que toutes les mesures nécessaires ne soient pas prises. »

« On se doutait du risque »
Sinon, personne n'a été vraiment surpris de découvrir que Le Triomphant est amianté. Mis sur cale en 1989, ce bâtiment a été mis en service en 1994. Donc, bien avant l'interdiction de l'amiante intervenue en 1997. « On se doutait du risque », admet Yvon Velly.
La direction de DCNS confirme que des traces d'amiante ont été décelées dans la peinture qui recouvre la coque du sous-marin, du « bitulatex ». « À l'issue du décapage chimique de la coque, des mesures ont été faites. Aucune trace de poussière d'amiante n'a été décelée dans l'atmosphère. En revanche, on a trouvé des traces de fibres d'amiante dans les résidus de peinture. »
Suite à cette découverte, un dossier a été transmis la semaine dernière à l'inspection du travail. Celle-ci indiquera s'il faut procéder à l'installation d'un chantier « amiante » avec les contraintes qui en découlent. « On attend les directives de l'inspection du travail », affirmait hier soir la direction de DCNS.
Celle-ci assure que les risques d'exposition à l'amiante ont bien été pris en compte lors du décapage de la coque. Les personnels ont opéré avec des combinaisons de protection individuelles « conformément à une procédure validée en 2003 par l'inspection du travail ».

 

Un sous-marin nucléaire lanceur d'engins au bassin à l'île Longue.

Une première
Pourquoi alors avoir accepté de réunir un CHSCT exceptionnel si tout se passe dans les règles ? « Il vaut mieux parler tout de suite et faire de la pédagogie. »
Enfin, la direction de DCNS dément que la Marine mette la pression pour que le chantier avance le plus vite possible. « Nous travaillons normalement, comme dans tout carénage. Il n'y a pas de travail en 2x8, ni en 3x8, ni les week-ends. »
Alors, beaucoup de bruit pour rien ? Peut-être pas. Certains observent que les révélations de la CGT tombent quelques semaines avant les élections professionnelles du 14 mai. On peut donc y voir un « coup de pub ». Explication classique en la circonstance.
Autre explication, la nouvelle organisation de DCNS Services, effective depuis le début 2009. La CGT aurait saisi une occasion exprimer sa mauvaise humeur vis-à-vis des « cadences infernales » qui en découleraient.
Une chose est sûre. Le chantier est exceptionnel, bien différent des arrêts programmés auxquels on est habitués à l'île Longue. C'est la première fois que l'on doit réparer un sous-marin nucléaire lanceur d'engins. On peut comprendre que cela engendre certaines tensions.

Olivier MÉLENNEC.
Ouest-France - Brest - 04/04/2009

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