Ondes : Rennes a une longueur d'avance

La ville se porte volontaire pour tester des antennes relais aux taux d'émission d'ondes réduits. Une décision qui implique une augmentation de leur nombre.

« Il était temps d'agir sur ce sujet de santé publique ! » s'exclame Yves Préault, adjoint au maire de Rennes. Mardi 26 mai, Daniel Delaveau, en sa qualité de maire, a saisi officiellement le Premier ministre et la ministre de la Santé, pour les informer que la ville se portait volontaire à une expérimentation visant à réduire les émissions d'ondes des antennes relais. Une expérience proposée en réponse au rapport du Grenelle des ondes par l'association nationale « Robin des toits ».

L'objectif de cette mission est d'expérimenter des antennes au taux d'émission maximal de 0,6 volt par mètre. Selon l'association, les scientifiques internationaux indépendants, le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, ce seuil permettrait le fonctionnement normal du portable tout en assurant une meilleure protection sanitaire des riverains.

 

À Rennes, on dénombre une centaine d'antennes relais, le plus souvent en hauteur, sur des terrains privés ou en hautdes immeubles. Un chiffre qui devrait exploser dans les prochaines années. : David Ademas

« Je suis sceptique, tempère néanmoins Yves Préault. C'est un seuil difficile à atteindre... » Pourtant, la ville de Rennes a une longueur d'avance : les seuils d'émissions de ses antennes relais sont de l'ordre de 1 à 2 V/m alors que les seuils des normes européennes sont compris entre 41V/m pour la téléphonie et 61V/m pour la 3G.
Une trentaine de villes ont déjà envoyé leurs candidatures à l'association. Si celle de Rennes est retenue, un travail de repérage sera effectué pour « déterminer les points noirs, c'est-à-dire les points d'exposition dépassant 0.6V/m », explique Marc Cendrier, chargé de l'information scientifique à « Robin des Toits ». L'association précise que ce travail sera réalisé « de manière totalement indépendante des opérateurs ».

« Un état des lieux incontestable »

Une aubaine pour Yves Préault, qui y voit l'occasion de disposer enfin « d'un état des lieux clair et incontestable du réseau, basé sur des données de terrain ». À l'issue de ce repérage, les opérateurs seront priés d'agir sur ces éventuelles « zones d'ombre » en effectuant les travaux nécessaires.
Plutôt que d'augmenter la puissance des émissions des ondes des antennes, la ville de Rennes a choisi, en se portant candidate, de multiplier leur nombre. « Il y a actuellement une centaine d'antennes relais à Rennes. C'est peu, constate Yves Préault. Plus il y en aura, plus on pourra baisser la puissance de leurs ondes et moins ce sera dangereux. » Avant de rappeler : « une antenne peut servir à plusieurs opérateurs, comme c'est le cas pour celle de Jean-Zay, qui héberge SFR et Bouygues Télécom. »

Le collectif Jean-Zayreste perplexe

Les membres du collectif « Saint-Melaine Jean-Zay », qui s'opposent à un projet d'implantation d'antenne relais de téléphonie mobile à proximité de l'école de leurs enfants, admettent que cette réduction d'émission d'ondes pourrait être une avancée pour la ville.
Néanmoins, ils dénoncent la contradiction des élus et regrettent « que le projet d'installation d'une future antenne à proximité de l'école Jean-Zay ne soit pas abandonné car il comporte des risques », explique Sophie Poignant, porte-parole du collectif. De son côté, Yves Préault estime que « la dangerosité des antennes relais est un faux débat. On ne cesse de demander aux scientifiques de démontrer un risque qui n'existe pas. »

Aurélie TACHOT.
Ouest-France - Rennes- 04/06/2009

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