Affaire Abiven à Doëlan, les associations mobilisent d'urgence

Elles font bloc. Et tiennent à le faire savoir. Une dizaine d'associations de défense de l'environnement et du littoral (1) se sont réunies jeudi à Clohars. Elles parlent d'une seule voix face à la détermination d'un propriétaire qui a acquis une parcelle de terrain face à la mer, pour y construire une maison avec vue imprenable sur l'océan. C'était il y a 10 ans. Une décennie de feuilleton médiatico-judiciaire. Le film pourrait toutefois approcher de sa fin. Jusqu'au 10 juillet, « l'affaire Abiven », telle qu'on a pris l'habitude de la nommer, est passée à la moulinette de l'enquête publique.

Après deux jugements suivis d'autant d'appels, les juges ont imposé au maire, Jacques Juloux, de prendre les mesures nécessaires pour que le plan local d'urbanisme soit modifié. Histoire de rendre constructible 900 m² au Nord. Selon le maire, cette affaire « remet en cause l'action des élus et des services d'État soucieux de préserver les zones naturelles du littoral et crée une jurisprudence qui peut rendre constructibles d'autres terrains dans cette situation. »

 

Après 10 années de procédure, l'affaire dite Abiven en est à l'enquête publique. Il faut faire vite, pour les défenseurs de l'environnement, face au propriétaire qui souhaite construire sa maison à Doëlan, face à l'océan. Les associations sont sur le marché ce samedi matin, pour expliquer leur démarche. Complément d'info sur http://doelan-clohars-environnement.over-blog.com.

« Au détriment de l'intérêt général »

Les associations sont au diapason. « Ce dossier renferme nombre d'inexactitudes. Au plan juridique, c'est un contournement de la loi littoral et la violation du POS, doublé d'une atteinte au paysage et à la biodiversité puisque 5 325 m 2 vont échapper à la lande littorale. C'est aussi la suppression d'une possibilité d'accès des secours à la côte en cas de problème comme ceux qui se sont déjà produits dans l'anse de Port-Blanc (naufrage, accident sur le sentier côtier, marée noire) »

« La population ne peut accepter qu'un tel endroit soit déclassé au profit d'un petit malin, gronde Georgia Floriet des Amis des chemins de ronde. Doëlan est un joyau enchâssé en zone NDS. Cette histoire créera une jurisprudence. D'autres vont s'engouffrer dans la brèche, c'est évident ». L'UADL (fédération d'une cinquantaine d'associations de défense du littoral), représentée par Jean-Claude Guennec apporte son soutien sans faille aux Sud-finistériens « qui se battent bec et ongle contre les projets qui défigurent le littoral. Curieux qu'un préfet ordonne à un maire de réviser le POS au détriment de l'intérêt général ».

« Il reste, pour les Cloharsiens, une semaine à peine pour agir et dire qu'ils ne sont pas d'accord, ajoute Laurence Bineau (Doëlan-Clohars-Environnement). Il faut donner son avis d'urgence pour que la procédure de modification du POS soit gelée ».

(1) Les amis des chemins de ronde du Finistère, Cap-action-solidarité, Réseau Cohérence, Doëlan-Clohars-Environnement, Dre Ar Vinojenn, Eau et rivières de Bretagne, L'eau et la Terre, UADL- Union des associations de défense du littoral, les Amis du Pouldu, Rivière et Bocage du Belon, Arusk.

Pierre WADOUX.
Ouest-France - Clohars-Carnoët - 04/07/2009

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