Des dizaines de plages souillées, surtout en Bretagne

Il faut trois facteurs pour que les algues vertes prolifèrent : la présence de nitrates, de la lumière et une relative immobilité des eaux dans lesquelles elles vont se développer.

Malgré des plages ouvertes sur locéan et des fortes marées en Bretagne, on observe « un blocage résiduel de !'eau, à certains endroits, comme dans la baie de Saint- Brieuc », propice à l'algue, explique Alain Menesguen, chercheur à l'Ifremer. Selon le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva) , en 2006, 84 sites sont touchés en Bretagne, dont 55 plages de sable, notamment en baie de Douarnenez.

« La cause première, c'est le nitrate, rappelle le scientifique. 95 % des marées vertes sont dues aux apports en nitrates provenant du ruissellement des terres agricoles, surtout dans le cadre d'une agriculture intensive. »

Il y a cinquante ans, les cours d'eau bretons rejetaient « naturellement » dans la mer « entre 2 et 3 mg de nitrates par litres, alors qu'aujourd'hui ce taux dépasse les 30 mg en moyenne ». 15mg par litre permettent déjà aux algues de proliférer. Alain Menesguen conclut qu'il faudrait « descendre le taux à 10 mg de nitrates par litres dans les rivières. »

« Au-delà de quinze mètres de profondeur, ces algues végètent, puis meurent, faute de recevoir une quantité de lumière suffisante. »

C'est pourquoi elles s'épanouissent au bord du rivage et dans les vasières peu profondes. Un retour de l'ensoleillement, en août, « pourrait provoquer une énorme marée verte », car les pluies de juillet ont, par ruissellement, apporté beaucoup de nitrates.

Les groupes de travail du Grenelle de la mer viennent de décider « d'accélérer la réduction des nitrates et des phosphates », d'origine agricole, urbaine ou industrielle et de viser un objectif de réduction de 40 % d'ici à 2014 dans les zones les plus vulnérables, comme l'ouest de la France.

Yann LEON.
Ouest-France - France - 04/08/2009

retour page "Presse"

retour page d'accueil