Ex-Clemenceau : le mystérieux plan B de la Marine

Y a-t-il une solution de rechange si l'ancien porte-avions ne peut rallier la Grande-Bretagne ? Officiellement, non. Ce qui n'exclut pas les contacts officieux.
Partira, partira pas ? Le sort de l'ex-Clemenceau est suspendu à la décision que prendra la justice anglaise. La Cour d'appel de Londres examinera le 13 novembre prochain le recours introduit par l'association Friends of Hartlepool. Son jugement devrait être assez rapide.

Mais voilà que l'on apprend que l'ex-Clemenceau, ou plutôt la coque Q790, ne serait plus en état de reprendre la mer ! « L'Ex-Clemenceau prend l'eau par les tôles de la coque et l'étambot. Ce navire ne peut donc plus être remorqué en toute sécurité vers le parking de vieux navires à Hartelpool baptisé pour la circonstance « chantier de déconstruction» », affirme l'association Mor Glaz.


 

« Cette coque est apte à être remorquée », indique la Marine à propos du Q790, ex-Clemenceau.

Des pompes auraient été installées à bord. Jean-Paul Hellequin, porte-parole de Mor Glaz, s'interroge sur la possibilité pour le Centre de sécurité des navires de délivrer un certificat de navigabilité à la coque. « Cela commence à inquiéter la Marine », affirme-t-il.

« Élucubrations »
La Marine étudie-t-elle un « plan B » ? C'est aussi ce que croit savoir Jean-Paul Hellequin. Selon lui, « une réunion s'est tenue à la préfecture maritime de Brest le 24 octobre 2008 afin de réfléchir et de mettre en place une solution pour déconstruire l'ex-Clemenceau en France, voire même à Brest ». Des propositions concrètes auraient été faites à la Marine nationale.
Ces gesticulations médiatiques de Jean-Paul Hellequin ne sont pas vraiment du goût de la Marine. Le capitaine de frégate Bertrand Hudault, l'officier chargé des relations publiques, n'hésite pas à les taxer « d'élucubrations ». Concernant l'état du Q790, il n'a aucun doute. « Cette coque est apte à être remorquée. Elle peut partir avec un préavis très court sans aucun problème. »
Sur le second point, le commandant Hudault est tout aussi formel. « Il n'y a jamais eu de réunion le 24 octobre à la préfecture maritime. Il n'y a pas de plan B. »
Effectivement, la Marine travaille bien à faire partir l'ex-Clemenceau vers la Grande-Bretagne. Fin octobre, elle a fait parvenir à l'Agence de l'environnement anglaise une demande d'autorisation de transfert transfrontalier pour le « déchet » Q790.
L'organisme a 30 jours pour répondre. Son autorisation sera valable 12 mois. On sait aussi que des techniciens de la société de remorquage Klyne Tugs de Lowestoft se sont rendus à Brest courant octobre.
Il n'empêche. Lors de contacts officieux, il semble bien que l'on évoque en ce moment ce qui ressemble à un « plan B », même s'il n'en porte pas le nom. Ce fut ainsi le cas le 24 octobre. Mais pas à la préfecture maritime.
Selon nos informations, on commence aussi sérieusement à se préoccuper en haut lieu, c'est-à-dire au niveau parisien, d'une solution alternative si la piste anglaise se dérobe. Hier, nous avons essayé de contacter le ministère de la Défense à ce sujet. Sans résultat.
En cas de défaillance d'Able UK, deux industriels français semblent tout prêts à prendre la relève pour démanteler l'ex-Clemenceau. Veolia dispose pour cela de son site de démantèlement de Bassens, près de Bordeaux ; Suez, à travers sa filiale Sita, privilégie plutôt le tissu d'entreprises locales pour mener ce genre d'opérations.

Olivier MÉLENNEC.
Ouest-France - Finistère - 06/11/2008

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