Le département veut se développer durablement

Le conseil général s'est doté il y a trois ans d'un agenda 21. Lundi, les conseillers généraux ont fait le point.

C'est quoi un agenda 21 ?
La notion d'agenda 21 a vu le jour après le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro, en 1992. Il faut y lire un programme d'action pour le XXIe siècle afin de mettre en pratique le développement durable. Et c'est quoi le développement durable ? Un développement qui conjugue l'économie, le progrès social et la protection de l'environnement. Aujourd'hui, de plus en plus de collectivités ont élaboré leur agenda 21 en y inscrivant leurs propres priorités. Celui du Finistère a été voté il y a juste trois ans.

 

Jean-Claude Pierre, fondateur d'Eau et rivières, a été l'un des examinateurs de l'agenda 21 du conseil général.

Le développement durable finistérien
Il entend irriguer toutes les actions du conseil général. Il y a trois ans, 122 actions à mener avaient été définies. Elles forment l'agenda 21 du département. Aujourd'hui, 109 sont achevées ou en cours. Ce sont de petites ou de grandes choses.
On y trouve un guide de randonnée pour les personnes à mobilité réduite, une réduction de la pollution engendrée par les chantiers nautiques, une modulation des aides du département aux communes afin d'aider un peu plus les moins riches, un atlas de l'environnement, l'adoption d'une charte de déontologie de l'action sociale de proximité, le développement des transports publics avec un ticket pour le car à deux euros.

Un bon élève le Finistère ?
La copie du Finistère, à l'occasion de cette session, a été examinée par trois correcteurs qualifiés : Jean-Claude Pierre, le fondateur d'Eau et rivières ; Maurice Baslé, professeur d'économie à l'université de Rennes et spécialiste de l'évaluation ; et l'agence de notation BMJ Ratings. Les commentaires sont plutôt flatteurs. « Ce n'est pas un effet de mode mais un engagement majeur. Je m'appuie sur l'exemple finistérien », a dit Jean-Claude Pierre qui ne cesse de prêcher la bonne parole du développement durable auprès des collectivités publiques. Maurice Baslé a souligné la créativité du département. Tandis que l'agence BMJ Ratings a attribué une note de 76 sur 100 au conseil général avec ce commentaire : « Vous êtes sur une dynamique ».

Des efforts à faire ?
Bien sûr. L'agence BMJ Ratings suggère de mieux impliquer l'ensemble des agents du conseil général dans ses politiques durables. Ce qui, après tout, est la moindre des choses. Elle propose aussi au département de fédérer tous les acteurs de la politique de l'eau, de rédiger des guides plus pratiques à l'intention des personnes âgées ou handicapées pour leur expliquer leurs droits, de mieux protéger les zones naturelles sensibles ou agricoles en jouant du droit de préemption, ou de mieux coordonner la politique au service de la jeunesse.
« Personne ne nie que des pistes d'amélioration existent. Nous sommes engagés dans un processus à long terme dont le rythme peut paraître lent », commente Pierre Maille, le président du conseil général. La suite, ce sera l'adoption dans un an d'un deuxième agenda 21, pour les années 2010-2014.

L'opposition s'oppose durablement
L'opposition est aussi convaincue de la nécessité du développement durable. Mais elle juge la copie finistérienne très moyenne.
« Cet agenda 21 est un peu fourre-tout, c'est du saupoudrage », lance Agnès Le Brun (divers droite, Morlaix), jugeant que l'attitude de la majorité confine à « l'autosatisfaction ».
Même son de cloche chez Michel Canévet (Alliance centriste, Plogastel-Saint-Germain) : « Entre le discours et les actes, il y a une marge ».
Mais en cette fin de session, il y avait tout juste un conseiller général sur deux encore présent pour l'écouter. Une assiduité des élus pas vraiment durable.

Didier GOURIN.
Ouest-France - Finistère - 07/07/2009

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