Le missile perdu a retrouvé la terre ferme

Menée avec une grande discrétion, l'opération de renflouement de l'engin s'est achevée, hier,le long des quais du chantier naval DCNS de Lorient.

Le missile tombe à l'eau.
Le 18 avril, le sous-marin nucléaire Le Terrible perd un missile factice, copie du M51 (lire ci-dessous), au large de Penmarch, lors d'un essai de tir. Pas de commentaire de la Marine nationale ni de la direction générale de l'armement, si ce n'est que son renflouement est programmé.

Le renflouement. En début de semaine dernière, on apprenait que l'Argonaute, solide navire de 69 m, affrété par la Marine nationale, avait démarré les manoeuvres pour sortir le missile de l'eau. À l'aide de grosses bouées, il a réussi à remettre l'engin à flot.

Vers Lorient. Long de douze mètres et pesant aux alentours de 56 tonnes, ce « faux » missile a ensuite été remorqué, flottant entre deux eaux. Cap sur Lorient. On ignore pourquoi cette destination a été privilégiée. Sans doute pour permettre à l'Argonaute de disposer des moyens techniques pour se délester de son encombrant colis, dans le port morbihannais.

 

Le « faux » missile perdu par le sous-marin Le Terrible au large de Penmarc'h a été hissé sur un quai du chantier naval DCNS. : Thierry Creux

Escale à Groix. Jeudi, dans la journée, l'Argonaute était repéré au mouillage sous l'île de Groix. Pour empêcher des plaisanciers trop curieux d'approcher, un arrêté de la préfecture maritime a instauré une zone de sécurité, interdisant toute intrusion dans la zone. Pendant tout l'après-midi, on a tout de même pu observer, de loin, des plongeurs qui s'activaient autour de grosses bouées jaunes et rouges, accrochées à l'arrière de l'Argonaute.

Arrivée au port. Dans la nuit de jeudi à vendredi, profitant de la marée haute, l'Argonaute traînant le missile est entré dans le port de Lorient. Il est allé s'amarrer dans l'enceinte du chantier naval DCNS, sur la rive droite du Scorff, à l'abri des regards.

Sorti de l'eau. Hier, dans la matinée, les opérations de renflouement du missile ont démarré. Une grue à terre, une autre à bord de l'Argonaute ont lentement sorti la « fusée » de l'eau. De couleur verte et noire, la maquette est bien la copie conforme des rares images qui circulent du M51. Vers 16 h, hier, l'engin était posé sur le quai de DCNS.

Et maintenant ? Quelle sera la suite du feuilleton ? D'avis de spécialistes, la maquette coûte une petite fortune. En outre, elle peut détenir des informations techniques sur les circonstances de l'essai de tir, réalisé à partir du sous-marin nucléaire Le Terrible, qui doit entrer en service actif en 2010. Il pourrait être rapatrié au centre d'essais de la DGA à Biscarosse, où l'engin a été mis au point. À moins qu'il ne rallie celui plus proche de Plouhinec, près de Lorient. Mais là encore, pas question d'en savoir plus des autorités. En matière de dissuasion nucléaire, la communication militaire est plus que jamais, muette.

Françoise ROSSI et Charles JOSSE.
Ouest-France - Bretagne - 09/05/2009

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