L'énergie, à consommer avec modération

L'énergie, c'est le thème du nouveau rendez-vous participatif du conseil général. Si le sujet est sans frontière, le département veut y prendre sa part.

Pourquoi donc l'énergie ?
On pourrait penser qu'un conseil général a déjà suffisamment à faire pour s'occuper aussi de l'énergie qu'il faut apprendre à économiser, en diversifiant ses modes de production. Sauf que le département du Finistère s'est doté en juillet 2006 de son agenda 21 (un programme d'action pour le XXIe siècle) qui vise notamment à préserver les ressources de la planète. Cet agenda 21 vise clairement une maîtrise de l'énergie sans hypothéquer le développement économique. En plus, les textes issus du fameux Grenelle de l'environnement invitent les conseils généraux à se doter d'un plan « climat/énergie » avant 2012. Sur ce terrain du développement durable, le conseil général du Finistère avance plus vite que la moyenne. C'est dès la fin janvier 2009 qu'il a prévu d'adopter ce plan. Et puis, « Penser global, agir local », c'est encore l'une des phrases fétiches des adeptes du développement durable. On peut donc agir sur l'énergie même au niveau d'un département.

Et pourquoi économiser l'énergie ?
Parce qu'elle sera de plus en plus rare, donc de plus en plus chère. Avec une circonstance aggravante pour le Finistère et la Bretagne, une dépendance totale, ou presque, en matière d'approvisionnement. La seule production d'énergie au niveau régional est électrique. Mais elle ne compte que pour 6 % de la consommation régionale d'énergie. Un faible pourcentage apporté par l'usine marémotrice de la Rance, des turbines au fioul à Dirinon et Brennilis pour faire face aux pointes de consommation, et l'électricité d'origine éolienne.
En prime, la consommation de carburants (70 % de l'ensemble des produits pétroliers consommés) est plus élevée dans le Finistère qu'ailleurs en France. À cause de distances plus importantes entre le domicile et le travail, et de la dispersion de l'habitat. Et il n'y a pas que le carburant. Entre 2005 et 2006, le Finistère a consommé plus de produits pétroliers (plus 2,4 %) et plus d'électricité (plus 2,5 %).

Déjà des actions ?
Oui. Le conseil général s'efforce de développer les transports en commun sur le réseau Penn ar bed. C'est le fameux ticket de car à 2 lancé en septembre 2004, qui permet de poursuivre son déplacement sur les réseaux de bus des agglomérations de Quimper, Brest ou Morlaix. Au bout de trois ans, la fréquentation du réseau a augmenté de 90 %.
Ce sont aussi les aires de co-voiturage qui fleurissent un peu partout. Le conseil général, avec les autres départements bretons, le conseil régional et l'Ademe (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) s'est aussi investi dans un plan bois-énergie. Illustration à Plougastel-Daoulas : la nouvelle chaufferie à énergie bois alimente en eau chaude et en chauffage l'équivalent de 600 logements. Il n'y a pas de petites économies.
Les 343 véhicules du parc de la collectivité départementale produisaient 1 160 tonnes par an d'émissions de gaz carbonique. Au fil des renouvellements, en privilégiant des véhicules moins polluants et plus économes, ce sont déjà 16,5 tonnes de gaz carbonique en moins qui sont rejetées.

Et le plan climat-énergie ?
Il sera proposé fin janvier au vote des conseillers généraux. Il dessinera un cadre d'action pour économiser l'énergie, et développer les modes de production alternatifs. Les pistes ne manquent pas comme le recours à des matériaux plus isolants pour les constructions neuves ou les travaux de rénovation.

« Pour le logement, il existe un gisement important d'économies d'énergie », insiste Jean-Paul Glémarec, le conseiller général en charge de ce dossier de l'énergie. Sans oublier une dimension sociale. Si se chauffer coûte de plus en plus cher, ce sont les familles les plus modestes qui sont tout de suite les plus exposées.

Ouest-France - Finistère - 09/12/2008

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