Stockage de charbon :avis favorable

À l'issue de l'enquête publique, le commissaire enquêteur ne voit pas d'obstacle au projet de la CCI.Il formule cependant quelques recommandations.
Le projet de stockage de charbon sur le port de commerce a passé sans encombre le cap de l'enquête publique. Dans son rapport, le commissaire-enquêteur, Jacques Soubigou, de Lesneven, a émis un avis favorable à la demande présentée par la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Brest.
Celle-ci souhaite exploiter deux plateformes de stockage et de transit d'une capacité totale de 5 200 tonnes de charbon lavé. En provenance de Rotterdam par voie maritime, ce charbon lavé approvisionnera les serristes de la région.
L'aménagement est programmé en plusieurs phases. Dans un premier temps, le parc A sera remis en fonction. Il représente un stockage de 1 800 tonnes. Il avait déjà été utilisé à titre expérimental en octobre 2007 et février 2008. Dans un deuxième temps, il est envisagé la création d'un parc B de 3 400 tonnes « en fonction du développement du trafic de charbon, résultant de l'évolution de la demande des serristes finistériens ».

31 personnes reçues
L'enquête publique a eu lieu du 15 septembre au 15 octobre. Lors des permanences en mairie, le commissaire-enquêteur a reçu 31 personnes. 11 courriers lui ont été remis ou adressés. 38 observations ont été portées sur le registre d'enquête.
Parmi les 31 personnes reçues en mairie, quatre se sont déclarées favorables au projet, dont deux serristes. « La majorité des personnes opposées au projet sont toutes des résidants des abords du port de commerce et de la zone industrielle portuaire », indique le commissaire-enquêteur.
Celui-ci note les « expériences antérieures très négatives » vécues avec le « coke de pétrole ». Une grande proportion des résidants a « une certaine méconnaissance ou une mauvaise interprétation du dossier concernant le type de charbon qui sera stocké, restant sur leur expérience du passé, ne considérant ni la nature différente du produit, ni les avancées réalisées dans les modes d'exploitation ».

Recommandations
Une grande partie des observations négatives remettent en cause la pertinence du charbon lavé comme combustible par les serristes. La CCI de Brest répond qu'elle n'a pas « vocation à juger du bien fondé de ce choix par les serristes ». Elle souligne que cette création permettra de transférer un trafic routier vers un trafic maritime « moins producteur de gaz à effet de serre ». Actuellement, les serristes qui utilisent du charbon sont livrés par voie routière, soit de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique), soit directement de Rotterdam.
Au final, le commissaire-enquêteur formule quelques recommandations. Il constate que le réseau routier ne supportera pas le trafic supplémentaire entre le parc à charbon et les bâtiments de la Sica-Silo. Il demande donc de prendre des mesures pour préserver ou refaire la chaussée.
Les opérations de déchargement ne devront pas être réalisées dans le créneau horaire 22 h-6 h afin de « minimiser » les bruits. Il incombera à la CCI de procéder au nettoyage de la voirie « dès l'issue des opérations de déchargement de charbon », et non dans un délai de trois jours comme prévu dans le dossier.
Enfin, selon le commissaire enquêteur, il sera « important et intéressant » de pouvoir procéder aisément à des prélèvements et analyses de contrôle de qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel, en l'occurrence ici la rade.

Ouest-France - Brest - 09/12/2008

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