Le chevreuil en sursis dans la vallée du Costour

Entre les battues, les braconnages et un projet immobilier, l'animal a la vie dure dans cet espace de l'agglomération.

Difficile de savoir combien ils sont réellement. Une quarantaine, comme l'estiment les chasseurs de La Guipavasienne* ? Ou une grosse quinzaine, comme le pense Eric Basquin, de l'association Costour poumon vert ? En tout cas, le sort des chevreuils de la vallée du Costour pose question...
En mai dernier, La Guipavasienne avait obtenu l'autorisation d'abattre quatre chevreuils sur l'ensemble de son territoire. Plus deux autres, dans le bois du Costour, par délégation de Brest métropole Océane (BMO). La battue a eu lieu en décembre.

Braconnage...
Mais fin janvier, et alors que l'autorisation d'abattre était périmée, un groupe de chasseur a été aperçu, portant un chevreuil. Attention, « dans le milieu de la chasse, les rumeurs sont nombreuses », prévient Guy Huitric, chargé de la faune sauvage à la Direction départementale de l'équipement et de l'agriculture (DDEA).
On peut toutefois relever que La Guipavasienne avait demandé le droit d'abattre davantage de chevreuils. En le bloquant à quatre animaux, la DDEA avait expliqué qu'un « prélèvement » supérieur serait « excessif par rapport à l'évolution de la population et susceptible de compromettre l'équilibre de la population ».

 

Difficile de compter précisément les chevreuils de la vallée du Costour. Ils seraient une quinzaine selon certains, quarante selon les chasseurs.

... ou incident ?
« Si des faits de braconnage s'étaient produits, je serai au courant,
poursuit Guy Huitric. Et j'aurai demandé aux gardes chasse d'enquêter. »
À l'inverse, Eric Basquin n'exclut pas la possibilité d'un acte de braconnage, indépendant de La Guipavasienne. « Mais il est également possible qu'un incident se soit produit avec des chiens, à l'insu des chasseurs. » Pour preuve, des témoignages rapportés sur son site internet www.costour.fr : « Certains riverains de la vallée ont été surpris et écoeurés de voir leurs chiens ramener des morceaux de chevreuils... une tête, des viscères, un pied... En fait, il s'agit des morceaux d'un chevreuil éventré par des chiens. »
Mais selon lui, les chevreuils pourraient être menacés par d'autres que les chasseurs. Un projet immobilier de BMO, sur le versant Ouest de la vallée. Là où les chevreuils sont le plus fréquemment observés.

Repères

La vallée du Costour
Espace naturel totalement préservé, la vallée du Costour est partagée entre Guipavas et Le Relecq-Kerhuon. Elle s'étire entre le Froutven et la plage du Moulin-Blanc, parallèlement au vallon du Stangalard. D'une superficie de 39 hectares, elle abrite les vestiges d'une ancienne poudrerie et des carrières de schistes qui ont servi à la reconstruction de Brest.

La faune et la flore
Ce poumon vert de l'agglomération offre une étonnante diversité. Le plan d'eau, les ruisseaux et les bois abritent chevreuils, blaireaux, renards... Les hérons et les aigrettes ont momentanément disparu. Plus discret, le carabe, un scarabée à reflets dorés, habite aussi les lieux.

Le projet immobilier
Brest métropole océane envisage de construire à cet endroit un « parc urbain », autrement dit un ensemble immobilier. Mais il n'est pas question de raser le Costour, décrit-on à BMO.

* Lundi, il ne nous a pas été possible de contacter le président de la société de chasse La Guipavasienne.

Olivier PAULY.
Ouest-France - Brest - 10/02/2009

retour page "Presse"

retour page d'accueil