Du bois pour chauffer les immeubles de Brest

Une chaufferie est envisagée au Spernot pour produire eau chaude et électricité. Elle consommerait 71 000 tonnes de bois.

Sotraval, la société d'économie mixte de Brest métropole océane en charge de l'exploitation de l'incinérateur du Spernot, envisage d'installer, sur ce même site, une grande chaufferie à bois. D'une puissance de 20 mégawatts, elle produira de l'eau chaude (48 400 mégawatts/h) et de l'électricité (36 000 MW/h).

Elle complétera ainsi de moitié le réseau de chaleur qui, depuis l'incinérateur des déchets ménagers, alimente les immeubles et bâtiments publics. Et côté électricité, «on quadruple la production» explique Vincent Le Jeune, directeur des opérations à Sotraval. Actuellement, ce volet production d'énergie au Spernot est confié à la société Dalkia (groupe Veolia).

 

 

La chaufferie bois doperait le réseau de chauffage de moitié et devrait quadrupler la production d'électricité, déjà assurée par l'incinérateur (unité de valorisation énergétique des déchets) du Spernot.

Utiliser les souches des arbres
La chaufferie aura besoin de 71 000 tonnes de bois par an. Un bois venu des Monts d'Arrée et de l'est du département. Il s'agit essentiellement (80 %) de plaquette forestière. C'est en gros ce qu'il reste de l'arbre après que se soient servies les scieries et papeteries. Innovation, les souches, aujourd'hui laissées en terre, seraient elles-mêmes arrachées et valorisées en plaquettes, ce qui «augmente la surface replantable», explique Vincent Le Jeune. Les 20 % restants seront des branchages issus des déchets verts et des produits d'élagage.
Le dossier va être déposé d'ici quelques jours. Il répond à un appel à projets lancé par le ministère de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable. Sa faisabilité repose sur l'obtention d'un tarif de rachat d'électricité préférentiel, en vue d'équilibrer un investissement évalué à 20 ou 25 millions d'euros.
BMO souhaite «développer les énergies renouvelables» et «les intégrer au réseau de chaleur chaque fois que possible». Selon une délibération du dernier conseil communautaire, elle tient aussi à «développer la cogénération» (production simultanée d'électricité et de chaleur).
Sotraval pourra ainsi gérer les panneaux photovoltaïques, qui deviennent communs dans la construction des nouveaux bâtiments publics (les subventions sont subordonnées aux efforts environnementaux). Elle pourra porter des projets éoliens et celui d'une unité de méthanisation déjà bien avancé dans le secteur de Landivisiau.

Sébastien PANOU.
Ouest-France - Finistère - 10/07/2009

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