Le Clan du néon chasse les éclairages superflus

Jeunes reporters. Lucie a suivi une patrouille nocturne de jeunes militants, à la recherche d'économies d'énergie.

Reportage
Mardi, 21 h 30. Céline, Nolwenn, Vincent et Romain ont rendez-vous rue Monge. Armé d'une perche de 2,5 m flanquée d'un crochet, le « Clan du néon » se met en marche.
Les étudiants ont une idée lumineuse pour économiser de l'énergie et limiter pollution et publicité : éteindre les néons des magasins fermés en baissant l'interrupteur situé à l'extérieur. Perché à près de trois mètres du sol, le boîtier de sécurité est à la portée des passants.

Un passage signé
Comme celui du CMB, à la merci de Nolwenn. L'étudiante fait sa première ronde, l'honneur de la première enseigne lui revient. Perche tendue, la novice glisse le crochet dans l'anneau de l'interrupteur et l'abaisse. L'enseigne s'éteint. Le Clan signe son passage. Un mot expliquant le mouvement est scotché sur la vitrine.
Les militants constatent que des enseignes n'ont pas été rallumées depuis le début de leurs actions, en 2007. « Que les commerçants n'aient pas remarqué ou qu'ils partagent nos convictions, le principal c'est que ce soit éteint », note Romain.

 

La police passe
Le clan n'est « pas là pour nuire aux activités ». Les cibles sont choisies. Selon la charte nationale du Clan du Néon, pas touche aux pharmacies de garde, commissariats, ou établissements ouverts. Leurs bêtes noires ? Les banques et agences immobilières.
Une dizaine de néons plus tard, l'équipe chemine vers la place de la Liberté et une agence bancaire. Plusieurs mètres de tubes luminescents éclairent les arcades d'un halo rouge. Une patrouille de police s'arrête...
A priori pas de risque de garde à vue, il n'y a pas de dégradation. Le policier parti, le néon s'éteint. Les lycéennes postées sous les arcades remarquent à peine la différence. Les lampadaires suffisent, « le néon était inutile », concluent-elles.
Ce n'est pas l'avis de Claudie, croisée rue de Siam. « On nous interdit tout, regrette la sexagénaire. Si on nous enlève tous nos privilèges, même celui d'éclairer les villes, les rues seront tristes. »

Ouest-France - Brest - 12/02/2009

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