Le projet de centrale thermique en veilleuse

Contesté, le projet de centrale électrique de Ploufragan ne sera pas relancé. Le ministre Jean-Louis Boorlo renvoie la balle dans le camp des élus bretons.

La Bretagne souffre d'un déficit en alimentation électrique
Elle ne produit que 7 % de sa consommation. Et risque d'être confrontée à des coupures lors de grands froids comme ces derniers jours. Selon le Réseau de Transport d'électricité : « On a une extrême fragilité ». RTE a lancé un appel d'offres en 2006 pour la construction d'une centrale capable de répondre aux situations d'urgence. Gaz de France a emporté le marché pour la construction, près de Saint-Brieuc, d'une centrale de 200 mégawatts, fonctionnant au gaz et au fioul.

Un projet sous le feu des critiques
Le projet est rapidement contesté car utilisateur d'énergie fossile et installé sur une zone humide. De quoi entraîner une mobilisation des milieux associatifs et des élus locaux, « opposés à un projet de centrale surdimensionnée et inadaptée aux exigences du développement durable », estimait le président du conseil général des Côtes-d'Armor, Claudy Lebreton. Retiré, le dossier attendait le lancement d'une seconde enquête publique.

 

Une centrale thermique ou de nouvelles lignes haute tension. Jean-Louis Borloo met le marché de l'approvisionnement électrique de la Bretagne entre les mains des élus.

Le projet actuel est abandonné annonce Claudy Lebreton
L'élu en a eu la confirmation après contact avec Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie : « J'ai eu l'assurance que l'État ne donnera pas suite à la demande renouvelée d'enquête publique. Pour autant, le combat responsable engagé en Côtes-d'Armor doit désormais aboutir à de nouvelles initiatives pour répondre aux besoins énergétiques qui se posent à la Bretagne ».

Le ministère de l'Écologie confirme
Jean-François Carenco, directeur du cabinet de Jean-Louis Borloo le dit : « Le projet ne se fera pas en l'état. » La raison : « On ne peut pas passer en force. S'il y avait une solution toute faite, ce serait tellement simple. Les élus ne veulent ni ligne électrique à haute tension ni centrale. Il y aura soit une ligne, soit une centrale ».

Jean-Louis Boorlo veut réunir les élus bretons
Le ministre veut mettre « autour d'une table » les élus bretons pour qu'un choix se dessine. Un autre lieu d'implantation ? Un autre projet de centrale revu ? Une alternative ? Les questions restent posées.

La biomasse ne serait pas une solution
Hasard du calendrier, le ministère de l'Écologie a lancé un nouvel appel d'offres pour la construction, d'ici 2012, de centrales de production d'électricité alimentées à partir de biomasse, pour une puissance cumulée de 250 mégawatts, le quart de la puissance d'un réacteur nucléaire. La Bretagne est considérée comme prioritaire compte tenu de l'intérêt de valoriser certaines substances comme les algues vertes ou les effluents d'élevage. « Mais cela ne résoud pas la question de la puissance instantanée», estime Jean-François Carenco.

Sébastien GROSMAITRE.
Ouest-France - Bretagne - 13/01/2009

retour page "Presse"

retour page d'accueil