Couler les bateaux pour le bonheur des plongeurs ?

Que faire des vieux bateaux de la Marine ? Les couler pour le plus grand plaisir des plongeurs, propose le député Gilbert Le Bris.

Ce sont de vieux bateaux dont la Marine nationale ne sait pas trop quoi faire. Il y en a bien quelques-uns qui terminent leur vaillante carrière comme brise-lames. Tandis que le Clémenceau attend d'aller se faire découper dans un chantier naval anglais, l'épilogue d'un feuilleton tragi-comique.

Car de vieux bateaux, la Marine nationale en a quelques-uns. Rien qu'à Brest, elle en compte 57, méthodiquement mangés par la rouille (Ouest-France de mardi). Même si certains ont trouvé à Landévennec, au fond de la rade de Brest, un ultime havre de paix au cimetière des bateaux, le problème pour la Marine est épineux. Depuis quelques mois déjà, Gilbert Le Bris, député (PS) du Finistère, essaie d'avancer une idée : couler ces vieilles coques au large des côtes pour en faire des réserves naturelles pour les poissons, et aussi des sites privilégiés pour la plongée sous-marine.

 

L'intérieur du Clémenceau toujours à Brest. Les vieux bateaux, un nouveau terrain de jeux pour les plongeurs ? : (Archives Jean-Michel Niester)

« Les Anglais ont réussi... »
Une idée saugrenue ? Sauf que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et aussi Malte s'y mettent. « Des clubs de plongée m'en ont parlé. Je pense déjà que du côté de l'île de Groix, dans les baies de Concarneau et de Douarnenez il y a des endroits où l'on pourrait ainsi couler un bateau. Pour la plongée, il faut prévoir une profondeur de vingt à quarante mètres. Les Anglais ont réussi à le faire. Je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas en faire autant », plaide Gilbert Le Bris persuadé que sur ce terrain sous-marin « la Bretagne a une carte à jouer ». Après tout, elle a ce qu'il faut. Les vieux bateaux et le littoral.
On n'en est pas encore là. Ce n'est pas la première fois que le député finistérien essaie de convaincre qu'un tel projet pourrait se concrétiser. Il en a déjà parlé aux présidents de la Région et du conseil général. Mais en la matière, c'est le ministère de la Défense qui est compétent. Il a donc demandé un rendez-vous à Hervé Morin. Bien sûr, ce n'est pas la solution miracle. D'abord, il faudrait rendre juridiquement possible l'immersion. Et puis, s'assurer quand même qu'elle sera sans danger pour l'environnement. Des obstacles qui pour Gilbert Le Bris ne sont certainement pas insurmontables. Il est convaincu qu'envoyer ainsi par le fond quelques vieux bateaux serait une réponse assez simple à un problème très compliqué.

D. G.
Ouest-France - Finistère - 14/01/2009

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