Pollution : pavillon rouge à la plage de Porsmilin

La baignade est interdite. La commune de Locmaria-Plouzané et la Ddass recherchent l'origine des matières fécales le long d'un ruisseau qui rend la plage sensible.

Le pavillon rouge n'a pas dissuadé tous les baigneurs lundi : « Je pensais que cela concernait la météo », dit Danielle. Rien à voir. Depuis jeudi 9 juillet, la plage de Porsmilin à LocMaria-Plouzané est interdite de baignade, d'activités nautiques et de ramassage de coquillages. Le maire Viviane Godebert a dû prendre cet arrêté, alors que la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) venait de réaliser des analyses le 7 juillet. Celles-ci ont fait apparaître une pollution bactériologique.
Les plafonds sont dépassés en coliformes totaux et en Escherichia coli, signes d'une pollution d'origine fécale.
De nouvelles analyses ont été réalisées vendredi matin. Elles portent sur six points du ruisseau se jetant à la mer au niveau de la plage. Les résultats sont tombés lundi matin. « Un tronçon du cours d'eau est vraiment pollué », remarque, amer, Jean Zaragoza, adjoint en charge de l'environnement à LocMaria-Plouzané. Il se situe en amont du lieu-dit Kervizien, sur environ 1 km.

 

Mauvais début de saison pour Porsmilin. Depuis jeudi 9 juillet, la baignade, les activités nautiques et le ramassage de coquillages sont interdits.

Pas de réouverture sans solution

La responsabilité de la manifestation de sand-ball, début juillet, un temps suspectée, est donc écartée, car les centaines de participants campaient en aval. De même, l'adjoint assure que toutes les habitations sont raccordées à un système d'assainissement collectif et que celui-ci n'est « pas du tout remis en cause ». Il peut arriver qu'en cas de forte pluie une station de relevage déborde. Mais aucun incident de ce genre n'aurait été signalé.
Restent les activités agricoles. Un troupeau trop près d'un ruisseau, un épandage de lisier abusif ? L'enquête est en cours. « On ne reste pas les bras croisés, mais on n'a pas d'explication pour l'instant », admet l'élu.
La fermeture pourrait durer. Car selon la Ddass, la réouverture de la plage n'est pas seulement conditionnée au retour aux normes mais aussi à l'assurance qu'une telle pollution ne se reproduise pas trois jours plus tard. « Il faut remédier aux causes », prévient-on. 
Patrick, un vacancier de la Manche, n'est pas catastrophé. « On ira sur la plage d'à côté », dit-il. La commune dispose heureusement de deux autres plages, à Trégana et Portez. Celles-ci ne sont pas sous l'influence du ruisseau contaminé. Mais au club de vacances voisin de Porsmilin, certains ne cachent pas leur déception : « Ça n'incite pas à revenir », dit Céline, de Troyes, « d'autant plus qu'on a cru comprendre que ce n'était pas la première fois. »

 

Une plage de « qualité moyenne»

La plage de Porsmilin fait l'objet d'une surveillance accrue : deux prélèvements mensuels de la Ddass. Elle a déjà été fermée pour pollution à plusieurs reprises depuis 2005. Elle est classée B, en qualité « moyenne », sur le site du ministère de la Santé (baignades.sante.gouv.fr) Elle fait également partie du dispositif de prévention mis en place en rade.
Au-delà d'un niveau de précipitations, qui ont la fâcheuse tendance de charrier les polluants des ruisseaux vers les plages, celles-ci sont fermées avant même qu'une pollution soit constatée. Mais dans ce cas, c'est bien un contrôle de routine qui a soulevé le problème.
Selon le ministère de la Santé, pour la baignade, « les troubles de santé liés à la qualité microbiologique de l'eau sont généralement bénins (ex: gastro-entérites, affections"de la sphère ORL) ».

Sébastien PANOU et Yvane JACOB.
Ouest-France - Brest - 14/07/2009

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