Une soirée avec les chasseurs de néons brestois

Depuis quelques semaines, une poignée d'étudiants prend pour cibles les luminaires commerciaux allumés toute la nuit.

Il pleut des cordes, ce samedi soir, sur le centre-ville. Ce n'est pas cela qui va décourager les six étudiants brestois, âgés de 21 et 22 ans, qui se sont réunis pour une balade un peu spéciale. Leur objectif : éteindre les néons de commerces du centre-ville afin de dénoncer « le gaspillage d'énergie et le gavage publicitaire ».
L'action est fortement symbolique. À l'initiative du World wild fund, plusieurs grandes villes dans le monde, comme Copenhague, Melbourne, Chicago ou encore Tel-Aviv, ont récemment décidé d'éteindre toutes leurs lumières durant une heure dans l'année. Rien de ce type encore en France.

Trois bâtons comme outils
Pour sa promenade nocturne, la bande de jeunes s'est équipée d'un bambou de près de trois mètres de long et de deux bâtons, dont l'un bricolé avec un cintre en son extrémité. « L'important, c'est d'utiliser des matériaux isolants comme le bois et le plastique. Il n'y a jamais eu d'accident, mais on n'est jamais trop prudent », explique l'un des membres du Clan du néon brestois. Bien que les lumières soient éteintes sans dégradation et que la loi ne condamne pas cette activité, les jeunes préfèrent éviter les patrouilles de police...

Vingt-trois enseignes éteintes
Arrivés sur la place de la Liberté, ces chasseurs d'un nouveau genre comptent déjà une dizaine d'enseignes à leur actif. Malgré les trombes d'eau tombant sur la ville, le groupe reste motivé et l'ambiance est bon enfant. « On va aller voir la Société générale. Vu qu'ils ont perdu 4,9 milliards, on va les aider à faire des économies ! », plaisante Romain, étudiant en master d'histoire.

 

La troupe se déplace d'enseigne en enseigne, au gré des luminaires toujours allumés en cette heure tardive. Mais ces activistes d'un nouveau genre choisissent leurs proies avec soin. « On évite les pharmacies de garde ou bien les hôtels et les restaurants restant ouverts tard le soir », explique Céline, la seule fille du groupe.
Par contre, pas de pitié pour l'énorme enseigne du Crédit mutuel ou pour celles recouvrant toute la façade du centre commercial Coat-ar-Guéven. « Pourquoi les laisser allumées ? Est-ce que ça sert vraiment de faire de la pub à une telle heure ? » lâche Tony, passablement excédé.
Lorsque le groupe se sépare, sur les coups de 2 h 30 du matin, son tableau de chasse comporte vingt-trois enseignes éteintes. Un bilan satisfaisant, mais leur prochaine opération se profile déjà : la zone commerciale de Kergaradec.

Ouest-France - Brest - 15/04/2008

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