Le tramway s'installe sans faire de vagues

Des critiques sur les registres d'enquête publique. Mais les 150 réactions démontrent aussi un plébiscite pour ce projet de 300 millions d'euros.

Quelles répercutions ?

France Télécom s'inquiète de la gêne pour ses clients et du coût de déplacement de ses câbles de cuivre et fibre optique. Des habitants du bas de Jean-Jaurès sont soucieux du fait qu'il n'y ait « aucune garantie technique sur les vibrations pour les immeubles ».
Un commerçant de la place de la Recouvrance doute des indemnisations pendant les travaux : « Les débats avec la CCI ne m'ont pas convaincu que nous serions soutenus correctement », écrit-il.

Le bus marchait si bien...

Plusieurs ne comprennent pas pourquoi « vouloir à tout prix changer un système de bus qui marche alors qu'une amélioration suffirait » et alors « qu'en dehors des heures de pointe, le service de bus fonctionne parfois pratiquement à vide ». Le tramway, comme à Nantes ou Bordeaux, mais à Brest où il n'y a « pas de bouchons », ne serait-ce pas « le caprice d'une ou de quelques personnes ? ».
Mais l'essentiel des critiques porte sur le coût, de 298 millions d'euros. « Un vrai gouffre pour la ville », peut-on lire. « Brest perd des emplois, sa population diminue, nous entrons dans une crise très grave. Il serait criminel d'ajouter des dettes sur plusieurs décennies à des habitants qui avaient dit non », lors du référendum de 1990.

 

Image de synthèse du tram vert anis lorsqu'il circulera en bas de la rue Jean-Jaurès, normalement dès 2012.

Des piétons et des emplois
Beaucoup espèrent que le tram rendra « la vie plus facile aux piétons » et fera baisser la pollution. « Vivement la ligne 2 », lit-on par endroits.
La directrice de la société Kéolis à Brest (exploitante du réseau Bibus, filiale de la SNCF) ne cache pas son « enthousiasme » pour un projet qui offrira « l'opportunité de nouveaux métiers et de nouveaux emplois ». Encore faut-il qu'elle remporte ce marché bus + tramway (35 millions d'euros de chiffre d'affaires par an), dont l'attribution est en cours.
« Le tramway donnera à la rue de Siam un aspect plus souriant et moins bruyant », se réjouit un riverain. « Et ça relancera le bâtiment et les travaux publics en cette période de crise ».

Des idées

« Osons la couleur. » Un habitant de Plougastel propose un tram jaune et un pont de Recouvrance rouge.
Des habitants de Pen-ar-Créac'h réclament une station. Ceux de Kergaradec veulent un talus entre le parking relais et les habitations. L'école des ingénieurs de l'armement (Ensieta) dégaine et réclame la confirmation d'un arrêt, aujourd'hui en option. Un chercheur du Technopole attend une extension vers ce secteur peuplé d'écoles supérieures, d'entreprises et d'organismes scientifiques. « N'oubliez pas les pistes cyclables », peut-on lire. « Pourquoi la gare n'est-elle pas reliée ? » Il faudrait « des petits taxis électriques dans le centre-ville ». À Recouvrance, on regrette que le tram ne passe pas rue Anatole-France. Cela « aurait permis de sauver des commerces ».

Sébastien PANOU.
Ouest-France - Brest - 16/04/2009

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