Le Triomphant a percuté un autre sous-marin

En fait de conteneur, le sous-marin nucléaire français est entré en collision avec le SNLE britannique Vanguard. Les états-majors ont reconnu un accident rarissime.

L'information est venue d'Outre-Manche. Quand le sous-marin lanceur d'engins (SNLE) Le Triomphant s'est abîmé le nez en mer (Ouest-France du 7 février), c'était dans une collision avec un bâtiment du même type, le HMS Vanguard, appartenant à la Royal Navy. La Marine nationale, à l'époque, avait évoqué une collision avec « un objet immergé », « probablement un conteneur » perdu par un navire.

L'accident s'est produit le 3 ou le 4 février, en plein océan Atlantique, alors que les deux bâtiments effectuaient des missions distinctes. Le Triomphant a pu regagner la base de l'Île Longue (Finistère) par ses propres moyens. Le HMS Vanguard, lui, aurait été remorqué jusqu'à la base sous-marine de Falsane, en Écosse.

 

Le sous-marin nucléaire britannique HMS Vanguard mouillant dans le port de la base navale de Faslane (Écosse) en décembre 2006. : Reuters

« Explosion nucléaire improbable »

Après les révélations de plusieurs de quotidiens britanniques, la Royale s'est fendue d'un communiqué laconique. Les deux sous-marins « sont entrés en contact brièvement à très basse vitesse alors qu'ils étaient en plongée. Il n'y a eu aucun blessé. Ni leurs missions de dissuasion ni la sûreté nucléaire n'ont été affectées ». Rien de plus.

En Angleterre, des experts évoquent la catastrophe à laquelle on a échappé. Selon un haut gradé de la Royal Navy, cité par le Times, « une explosion nucléaire était très improbable. En revanche, il aurait pu y avoir une fuite radioactive.

Pire, nous aurions pu perdre l'équipage et les têtes nucléaires. Cela aurait été un drame national. »

Rien de tout cela n'est évoqué par les autorités françaises. L'association Sortir du nucléaire les a accusées d'avoir « caché la vérité. Il apparaît clairement que, une fois de plus, le premier réflexe du lobby nucléaire est de cacher la vérité. Rien n'a donc changé depuis le mensonge d'État à propos du nuage de Tchernobyl », estime Sortir du nucléaire.

À son arrivée à l'Île Longue, Le Triomphant a été placé en cale sèche. La seule façon de déterminer précisément l'ampleur des dégâts. C'est le dôme, situé à l'avant du sous-marin, qui a souffert du choc. Réalisé en verre et en résine, il est superposé à la coque épaisse et protège le sonar passif DMUX-80 qui aurait dû détecter le sous-marin britannique.

Construit à Cherbourg, Le Triomphant a été mis en service en 1997. Il emporte 16 missiles nucléaires M45 d'une portée de 6 000 km. Il est le premier des trois SNLE de nouvelle génération actuellement opérationnels. En 2010, un quatrième SNLE va rejoindre la Fost (Force océanique stratégique), chargée de mettre en oeuvre la dissuasion nucléaire. Ces sous-marins seront prochainement équipés d'une nouvelle génération de missiles balistiques M51 à plus grande portée.

Olivier PAULY.
Ouest-France - Monde/France - 17/02/2009

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