La Bretagne, pilote de l'éconavigation

Avec le Fleur de Lampaul, le vieux gréement de la fondation Nicolas Hulot, Cap Éconav fait le tour du littoral breton, cet été. Succès assuré : en mer, l'écologie fait désormais l'unanimité.

Entretien avec Hervé La Prairie,
président de De Navigato et coordinateur national du réseau cap Éconav.

D'où est parti Cap Éconav ?

De Douarnenez et la petite association De Navigatio. On sentait que la sensibilité à la protection de l'environnement maritime était partagée. Mais les contacts n'existaient pas entre les acteurs de la pêche, de la plaisance ou de la marine marchande. Les recherches de nouvelles technologies sur les antifouling, sur les moteurs électriques, se faisaient en ordre dispersé. Nous avons alors créé le réseau Cap Éconav en octobre 2007 pour pallier ce besoin. Aussitôt, une centaine d'organisations, dont les fédérations nationales des ports, de l'industrie nautique, etc., nous ont rejoint. Agriculteur bio, je suis dans l'écologie depuis trente ans. Mais une telle unanimité, je n'avais jamais vu ça ! Sans doute que le besoin de réfléchir à notre rapport à la mer, à l'après-pétrole est désormais partagé par tous...

 

Avec Cap Éconav, le Fleur de Lampaul fait le tour de la Bretagne, cet été.

L'objectif de ce périple autour de la Bretagne ?

Ce n'est pas qu'une simple opération de sensibilisation du public, mais un travail de réseau. Avec le soutien de la Fondation Nicolas Hulot et de son beau bateau, le Fleur de Lampaul, nos escales vont nous permettre d'expliquer ce qu'est l'éconavigation, toutes les pistes de développement possibles pour des bateaux, des équipements et des ports durables. De plus, chaque escale a été construite avec les acteurs et les élus locaux, afin de construire un programme sur mesure, en fonction de leurs projets et de leurs enjeux. De quoi renforcer, à chaque fois, le maillage de notre réseau.

Et ensuite ?

La Bretagne n'est qu'une première étape, nous ferons le tour des côtes françaises et des voies navigables. Avec l'espoir que toute une flottille de nouveaux bateaux durables, en biocomposites, en béton filtré, à motorisation électrique, accompagne le Fleur de Lampaul. C'est un défi technologique passionnant : à chacune de nos escales, nous n'avons pas de réponse à donner aux deux tiers des questions posées par le public ! Notre réseau Cap Éconav sera l'outil socioprofessionnel qui permettra de tenter de les relever.

Recueilli par Christophe VIOLETTE.
Ouest-France - Bretagne - 18/07/2009

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