Le Triomphant plus endommagé qu'annoncé

Le kiosque du sous-marin entré en collision avec un bâtiment britannique est également touché ainsi que les barres de plongée. Les travaux s'annoncent plus lourds et fragilisent le dispositif de dissuasion nucléaire.

Il n'y a pas que le nez du Triomphant qui a pris un mauvais coup dans la collision avec le sous-marin britannique Vanguard début février.
Certes, comme l'a déclaré la Marine, ce dôme de résine et de verre qui protège le sonar a été enfoncé. Mais, selon nos informations, un impact a également eu lieu sur le kiosque, première partie visible quand le sous-marin fait surface. La barre de plongée tribord (aileron horizontal) a été abimée.

Aucun droit à l'erreur
Les réparations s'annoncent lourdes sur ce submersible d'une valeur de 2,5 milliards d'euros. Elles bousculent le programme de la base de l'Île Longue, en rade de Brest. Les seize missiles portant chacun six têtes nucléaires (puissance totale de 1 000 fois Hiroshima) devront sans doute y être déposés avant travaux. Ceux-ci devraient avoir lieu à Brest. Pour l'instant, l'expertise n'est pas faite et le sous-marin n'est même pas en cale sèche (toutes sont occupées ou en travaux), mais à flot, à l'Île Longue.

 

Outre le nez du Triomphant, son kiosque (partie haute) et ses barres de plongée (ailerons) ont été endommagés. : Reuters

Reste à savoir si, avec ce sous-marin immobilisé, la France sera en mesure de garantir la permanence de la dissuasion nucléaire. Outre les forces aéroportées sur le Charles-de Gaulle, celle-ci repose sur la présence constante en mer d'un sous-marin nucléaire lanceur d'engin (SNLE), avec ses missiles de 6 000 km de portée.
Depuis début 2008 et le désarmement de l'Inflexible, la Marine travaillait en flux tendu avec trois sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (Le Triomphant, Le Téméraire et Le Vigilant). Avec Le Triomphant au tapis, il ne lui en reste que deux. Il n'y a, donc, aucun droit à l'erreur d'ici la réparation du Triomphant ou la livraison, fin 2010, du dernier né, Le Terrible.

Sébastien PANOU avec Yannick GUÉRIN.
Ouest-France - France - 19/02/2009

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