Une table ronde pour répondre à la peur des ondes

Le gouvernement est confronté à une montée des inquiétudes face aux antennes relais de téléphonie mobile.Il réunit tous les protagonistes, aujourd'hui.

Pourquoi une table ronde sur les radiofréquences ?
Le timing n'aurait pu être pire pour le gouvernement. En février, au moment même où il mettait en vente une licence pour un quatrième opérateur de téléphonie mobile, trois tribunaux décidaient de retirer ou d'interdire l'implantation d'antennes relais en invoquant le principe de précaution. Parallèlement, le nombre de collectifs opposés aux antennes relais a explosé, ces derniers mois, dans toute la France. D'abord annoncée fin février puis fin mars, dans une certaine précipitation, la réunion se tient aujourd'hui, au ministère de la Santé. Malgré un intitulé plus général, le principal sujet sera bien les antennes relais de téléphonie mobile.
 

Les conclusions d'une vaste étude destinée à mesurer l'impact sur la santé des antennes relais de téléphonie mobile seront bientôt connues. : La Montagne

Qui y participe ?
Autour de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, et des secrétaires d'État Nathalie Kosciusco-Morizet (Économie numérique) et Chantal Jouanno (Écologie), une cinquantaine de représentants des opérateurs, des usagers, des collectivités locales et de l'État, deux sociologues et un juriste. Bizarrement, pas de scientifiques. Ils participeront cependant aux réunions de groupe de travail sur les antennes relais, les portables et le Wi-fi qui se tiendront en mai. Une seconde table ronde est prévue à la fin de mai.

Quel objectif ?
Faire le point sur les connaissances actuelles sur la santé et sur les normes en vigueur... et tenter d'apaiser la fronde contre les antennes. Dialogue de sourds en perspective entre les opérateurs et les associations qui veulent très fortement baisser le niveau d'exposition maximal aux ondes émises par les antennes relais.

Y a-t-il danger pour la santé ?
La vaste étude internationale Interphone, lancée en 2000 dans treize pays, et dont on attend les résultats depuis plusieurs années, serait « très proche » de sa conclusion, selon sa coordinatrice, Élisabeth Cardis. Le point d'achoppement portait sur le lien éventuel entre l'utilisation du téléphone portable et les cancers de la tête. Aucunement sur les antennes relais, qui diffusent un champ très inférieur aux téléphones.

Et les troubles parfois ressentis par les riverains ?
L'électrosensibilité est-elle un handicap ou une maladie psychosomatique ? Une grande partie de la communauté scientifique penche pour la seconde hypothèse, mais certains chercheurs sont persuadés du contraire. Le Dr Dominique Belpomme, notamment, qui mène une étude sur cinquante patients.

Dans certains cas, la piste psychologique semble claire : mardi, une vingtaine de familles habitant une résidence de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), ont assigné Orange au tribunal de Nanterre pour obtenir le démontage de trois antennes relais. Plusieurs dizaines de riverains se plaignent de divers maux. Selon Orange, les trois antennes installées en mars n'ont jamais été mises en service.

Philippe RICHARD.
Ouest-France - France - 23/04/2009

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