Algues : un appel à la mobilisation citoyenne

Lassés des pollutions, ils appellent les Bretons à être les plus nombreux possibles à déposer plainte. Pour mettre l'État face à ses responsabilités.

Un vaste champ d'épandage vert glauque, une pestilentielle décharge à ciel ouvert sillonnée par une noria de gros tracteurs à la remorque dégoulinante d'algues putrides... Comme chaque été, la baie de Saint-Brieuc, l'une des plus belles de Bretagne, « réserve naturelle » de 1 140 ha, zone humide d'intérêt international, n'est qu'un vaste désastre.

1 milliard d'euros

« Quarante ans que ça dure... Et rien n'y fait. » Quatre programmes de reconquête de la qualité de l'eau, des piles de chartes, un contrat de plan État Région... En tout, « il y en a eu pour un milliard d'euros de dépenses publiques ». Pour revoir, chaque année, 40 000 à 50 000 tonnes s'échouer dans les anses de Morieux et d'Yffiniac. « On peut y ajouter le coût du ramassage... » soit 500 000 par an, selon le Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva).

 

« Réserve naturelle "... le panneau ne manque pas d'humour ! Derrière André Pochon, André Ollivro, Yves-Marie Le Lay et Denis Baulier, les tonnes d'algues vertes qui envahissent la baie de Saint-Brieuc.

« Ça suffit, on en a assez. Payer pour tenter de gérer la pollution ne sert à rien, s'étranglent d'indignation André Ollivro, Yves-Marie Le Lay et Denis Baulier, du réseau Cohérence, respectivement des collectifs Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor et Opération nénuphar. Il est temps de réclamer des comptes à nos élus. »

Sur le modèle de la « grève » fructueuse des factures d'eau, voilà quelques années, sur le modèle surtout de la carence de l'État reconnue par le tribunal administratif en 2007 (le jugement est en appel), cet ensemble d'associations lance un manifeste : « Nous invitons tous les citoyens à porter plainte au tribunal d'instance, en préjudice moral et financier, contre la dégradation de la qualité de l'eau. »

Objectif ? « Obtenir de la justice qu'elle condamne l'État à rembourser ce milliard d'euros aux contribuables bretons. » Cet appel solennel, avec le mode d'emploi pour des dépôts de plainte efficaces, sera lancé officiellement le dimanche 27 septembre, à 15 h. Depuis la plage de la Grandville, à Hillion (Côtes-d'Armor), précisément, là où demeurait Georges Palante.

« Aux problèmes nouveaux, des politiques nouvelles avec des hommes nouveaux », écrivait le philosophe en 1920. Face à la gravité des pollutions subies par les rivières bretonnes (et les captages d'eau), ces associations espèrent bien susciter « de vraies politiques nouvelles », sous la pression « de la démarche citoyenne de nombreux Bretons ».

Contact : www.cyberacteurs.org, Tél. 02 96 92 79 73 ou 02 98 67 46 61.

Christophe VIOLETTE.
Ouest-France - Bretagne - 23/07/2009

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