Le Triomphant en réparation jusqu'à l'automne

L'indisponibilité du sous-marin nucléaire, victime d'une collision avec un homologue britannique, sera plus longue que prévu. Et son équipage se remet d'un accident pas si banal...

La réparation du Triomphant se déroule allegro ma non troppo sur la base de l'Île Longue, en face de Brest. À l'état-major de la Marine, on évoque une échéance « autour de l'automne » pour que le sous-marin accidenté dans la nuit du 3 au 4 février soit à nouveau apte au service.
Dans un premier temps, la Marine n'avait mentionné comme dommage que le dôme sonar. En fait, d'autres éléments du bâtiment ont été touchés. En particulier, le kiosque et la barre de plongée tribord. L'antenne sonar située à l'avant du sous-marin devra également être remplacée. Cette pièce, en composite verre-résine de dix mètres de diamètre, est réalisée par l'industriel DCNS, à Lorient. Sa fabrication dure neuf mois. Difficile d'aller plus vite.

Équipage secoué
Les circonstances de l'accident commencent à filtrer malgré le silence imposé par la Marine. Selon nos informations, la collision n'a peut-être pas mis en danger le bâtiment. Mais elle aurait rudement secoué l'équipage. Quand Le Triomphant est entré en collision avec le Vanguard, il est probable que les deux bâtiments naviguaient à trois à quatre noeuds (5 à 7 km/h).
Le Triomphant se serait alourdi subitement d'une vingtaine de tonnes d'eau à l'avant. Déstabilisé, il aurait piqué du nez et amorcé un processus de descente avant que l'équipage ne réussisse à rétablir son assiette, ce qui lui a permis de remonter vers la surface sans dommages. L'alerte n'a duré que quelques minutes. Le sous-marin aurait beaucoup roulé, prenant une gîte importante. Mais le professionnalisme de l'équipage a permis d'éviter le pire.
Selon la Marine, « Il n'y a pas eu de voie d'eau, la coque épaisse est restée rigoureusement intègre ». Les conséquences psychologiques de l'accident pour l'équipage ? C'est une question qui relève de la « vie privée ».

Olivier MÉLENNEC.
Ouest-France
- Finistère - 24/04/2009

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