Des parcmètres pour payer... des parcmètres

Faire payer la bagnole en centre-ville, pourquoi pas ? Surtout si cela permet de mener des actions en faveur de la qualité de la vie ou du développement des pistes cyclables par exemple. Mais non.

Les 6 400 places payantes de Brest (4 000 en bord de trottoir et 2 400 en parking) ne serviraient, selon les explications fournies par BMO, qu'à financer les investissements en... parking. Et quelques bénéfices pour un groupe privé comme Q-Park, deuxième au niveau national derrière Vinci Park dans ce domaine. Oh une poignée de moules sans doute.

BMO s'est ainsi délesté de l'investissement sur le coûteux parking enterré Liberté. En caricaturant, 6 400 places en paient 450 couvertes (mais souvent vides) avec un bel ascenseur. Et pour ne pas avoir à assumer un tel équipement, BMO s'est attachée par contrat (30 ans !) avec Q-Park, qui ramasse la mise tous les ans. Heureusement, l'argent sert aussi à payer les agents de la Sopab affectés au gardiennage des parkings. Mais les « pervenches » qui contrôlent le bon respect du stationnement sont entièrement à la charge de BMO ! Au final, le stationnement payant ne sert qu'à désengorger le centre-ville. Il ne rapporte rien. Mais il coûte !

On se croirait sur le projet des Halles Saint-Louis, où pour ne pas avoir à payer 1 000 m 2 de nouvelles halles, la collectivité préfère envisager 10 000 m 2 de centre commercial, à la charge d'un promoteur. Aucun sens ? Mais si, c'est prag-ma-tique on vous dit !


Billet de Sébastien PANOU.
Ouest-France - Brest - 24/06/2009

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